L’UFC a choisi un événement phare de son calendrier pour organiser le retour de sa plus grande star. Dans la nuit de samedi à dimanche, lors de l’UFC 329 à Las Vegas, Conor McGregor fera son retour dans l’octogone face à Max Holloway. Selon RMC Sport, cette rencontre, prévue après cinq années d’absence pour l’Irlandais, suscite légitimement des interrogations sur ses chances réelles de l’emporter.

À 37 ans – il fêtera ses 38 ans le 14 juillet –, Conor McGregor revient après un dernier combat en juillet 2021, lors de l’UFC 264 face à Dustin Poirier, une rencontre qui s’était soldée par une défaite par TKO au premier round en raison d’une fracture de la jambe. Depuis, l’Irlandais a enchaîné les reports et les frasques en dehors des rings, tandis que Max Holloway, lui, n’a cessé de s’aguerrir. L’Hawaïen a disputé huit combats en cinq ans, avec un bilan de cinq victoires pour trois défaites. Autant dire que le favori logique de cette revanche, treize ans après leur premier duel, est bien Holloway.

Ce qu'il faut retenir

  • Conor McGregor revient après cinq ans sans combat dans l’octogone, son dernier match datant de juillet 2021 face à Dustin Poirier.
  • Max Holloway a disputé huit combats depuis 2021, avec cinq victoires et trois défaites, un bilan bien plus actif que celui de McGregor.
  • Holloway détient le record absolu de coups atteignant leur cible à l’UFC avec 3 980 coups, selon les statistiques compilées.
  • McGregor a battu Holloway en 2013 par décision unanime, mais les deux hommes étaient alors moins expérimentés qu’aujourd’hui.
  • Le retour de McGregor dans la catégorie des 77 kg pose question : a-t-il conservé la capacité à descendre à 70 kg, son poids habituel en carrière ?
  • Holloway est réputé pour son volume de frappes (environ 7 coups par minute) et son endurance, des qualités qui pourraient asphyxier McGregor.

Un duel entre deux époques du MMA

Max Holloway incarne aujourd’hui la longévité et la régularité au plus haut niveau. À 34 ans, l’Hawaïen a su adapter son style pour devenir un combattant complet, capable de tenir la distance et d’imposer un rythme insoutenable à ses adversaires. « Blessed », comme il se surnomme, a développé une capacité à accumuler les frappes sans relâche, avec un cardio exceptionnel qui lui permet de dominer les débats sur la durée. Selon RMC Sport, il envoie en moyenne 7 frappes par minute et détient le record absolu de coups atteignant leur cible dans l’histoire de l’UFC, toutes catégories confondues, avec 3 980 coups. Une statistique qui illustre un style fondé sur l’endurance physique et mentale.

Face à lui, Conor McGregor représente l’ancien temps, celui où les finishers régnaient en maîtres. L’Irlandais n’a jamais eu besoin d’être dominant sur cinq rounds pour l’emporter. Sa force réside dans sa capacité à conclure les combats en quelques minutes, comme il l’a toujours fait. « Sa dangerosité ne se mesure pas sur vingt-cinq minutes. Elle se mesure peut-être sur sept ou huit », analyse RMC Sport. Holloway est solide, mais il reste vulnérable aux contres précis, surtout en début de combat. Plus l’Hawaïen démarrera fort, plus il offrira à McGregor des opportunités de le surprendre.

Un premier duel en 2013, mais treize ans d’évolution pour les deux hommes

Leur premier affrontement remontait à 2013, lors de l’UFC Fight Night Shogun vs Sonnen. McGregor l’avait emporté par décision unanime en trois rounds, dans la catégorie des plumes. À l’époque, les deux combattants n’étaient pas encore les versions abouties que le public a connues par la suite. « Ce premier combat rappelle que McGregor a déjà résolu une version de Holloway, mais il ne faut pas survaloriser ce résultat », souligne RMC Sport. Treize ans plus tard, les deux hommes ont évolué, progressé, ou au contraire subi les aléas de leur carrière.

Holloway est devenu un combattant plus complet, plus expérimenté, plus résistant. De son côté, McGregor a atteint son pic en 2016, avant de connaître une série de blessures, d’absences et de controverses. Son retour après cinq ans sans combat, ponctué par des retours annoncés puis repoussés, interroge. « Le premier combat appartient donc moins à l’analyse qu’à la mémoire. Il compte, mais il ne suffit plus, surtout pour Holloway dont les accomplissements et l’activité ont fait de cette défaite un lointain souvenir », analyse la source.

Le temps, l’allié et l’ennemi de McGregor

Le plus grand défi pour l’Irlandais ne sera pas seulement Holloway, mais le temps. Cinq ans sans combattre, puis le temps passé dans l’octogone. Holloway excelle dans l’art d’étirer les rounds, d’asphyxier son adversaire en imposant un rythme soutenu. McGregor, habitué à terminer ses combats rapidement, a souvent vu sa précision diminuer à mesure que la durée augmentait. « Le temps qui transforme la précision en fatigue, puis la fatigue en mauvaises décisions. Un temps qui a souvent fait défaut à l’irlandais au cours de sa carrière », rappelle RMC Sport.

L’Hawaïen pourrait ainsi tester non seulement le niveau de McGregor, mais aussi sa résilience, sa préparation et sa résistance mentale. Un adversaire redoutable pour un retour, surtout dans un combat aussi médiatisé. « Holloway est peut-être l’un des pires adversaires pour un retour, parce qu’il ne teste pas seulement si le niveau est toujours présent. Il teste la résilience, la préparation, la résistance », ajoute la source.

Un enjeu de poids et de stratégie

Autre variable à prendre en compte : le poids. McGregor combattra à 77 kg, une catégorie où il pourrait avoir moins de kilos à couper, ce qui lui offrirait un confort physique supplémentaire. Mais ce confort pourrait aussi se transformer en piège : plus lourd signifie souvent moins rapide, et ces kilos pourraient devenir un fardeau. Holloway, lui, découvre cette catégorie, mais son style repose sur l’activité et le volume, des qualités peu affectées par le changement de poids. Pour l’Hawaïen, l’équation tactique ne change donc que très peu.

McGregor, en revanche, a pris énormément de masse durant son hiatus. Certains s’interrogent légitimement sur sa capacité à retrouver son poids de forme, à 70 kg, son poids habituel en carrière. « On peut légitimement s’interroger sur le fait qu’il soit encore capable de descendre à 70 kg », note RMC Sport. Son avantage résidera indéniablement dans sa puissance, une qualité qu’il a déjà exploitée à trois reprises dans cette catégorie, avec deux victoires et une défaite.

« Le plus grand piège pour Conor, c’est peut-être de trop vouloir faire de son retour un moment d’histoire. Chercher le moment viral. Vouloir faire taire les critiques et les doutes sur sa capacité à redevenir un combattant d’élite. Or, s’il a une chance, elle passe par la lucidité. Pas par la nostalgie. »

— RMC Sport

Et maintenant ?

Pour McGregor, l’enjeu n’est pas seulement de gagner, mais de rassurer sur sa capacité à retrouver le niveau d’antan. Un combat serré pourrait relancer sa carrière, tandis qu’une défaite par KO ou par décision unanime après cinq rounds pourrait refermer définitivement la porte. De son côté, Holloway a tout à gagner à imposer son rythme et à user son adversaire. La prochaine échéance pour McGregor, s’il l’emporte, pourrait être un retour en tête d’affiche, voire une opportunité pour un titre dans une catégorie supérieure. Reste à voir si son retour sera une réussite sportive ou un simple coup médiatique.

Quoi qu’il arrive, ce combat marque un tournant dans la carrière des deux hommes. Pour McGregor, c’est l’occasion de prouver qu’il peut encore compter parmi les meilleurs. Pour Holloway, c’est une nouvelle étape dans une carrière déjà exceptionnelle, où chaque victoire renforce son statut de légende vivante du MMA.

Max Holloway est favori en raison de son activité récente (huit combats en cinq ans contre cinq pour McGregor), de son endurance exceptionnelle et de sa capacité à imposer un rythme insoutenable. Avec un record de 3 980 coups atteignant leur cible à l’UFC, Holloway incarne la longévité et la régularité, des qualités qui devraient peser face à un McGregor de retour après cinq ans d’absence.

McGregor a toujours excellé dans l’art de conclure rapidement. Son avantage réside dans sa capacité à exploiter les premières minutes pour surprendre son adversaire, avant que le volume de frappes de Holloway ne s’installe. Un timing précis et une puissance explosive pourraient lui offrir une fenêtre de tir, comme il l’a toujours fait par le passé.