Un élu local du Rassemblement national (RN) a annoncé sa démission ce mercredi 8 juillet 2026, après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de chanter l’hymne controversé « Maréchal, nous voilà ! », un chant associé à la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale. L’information a été révélée par BFM – Politique, qui précise que cette séquence a été filmée lors d’un rassemblement politique.
Selon la même source, cette démission survient alors que le parti d’extrême droite prépare activement la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, avec Marine Le Pen officiellement candidate depuis quelques jours. Le RN doit tenir cet après-midi même un Conseil national élargi, une réunion stratégique visant à organiser les prochaines étapes de la mobilisation militante et électorale.
Ce qu'il faut retenir
- Un élu local du RN a démissionné après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de chanter « Maréchal, nous voilà ! », un chant lié à l’histoire de la collaboration.
- Cette démission intervient alors que Marine Le Pen vient d’officialiser sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
- Le RN organise aujourd’hui un Conseil national élargi pour structurer sa campagne et ses alliances.
- Plusieurs affaires judiciaires pèsent encore sur le parti, notamment le procès en appel concernant les assistants parlementaires européens.
Une démission en pleine préparation de campagne présidentielle
D’après BFM – Politique, l’élu concerné par cette affaire n’a pas été identifié publiquement, mais sa démission a été rendue publique après la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux. Le chant « Maréchal, nous voilà ! » reste un symbole fortement controversé en France, régulièrement associé à l’Occupation allemande et au régime de Vichy. Pour le RN, ce type de polémique intervient à un moment particulièrement sensible, alors que Marine Le Pen multiplie les déplacements en province pour lancer sa campagne.
Ce matin, Marine Le Pen était en Sarthe pour son premier déplacement officiel de campagne, aux côtés de Jordan Bardella. L’événement avait été largement médiatisé, alors que le parti cherche à rassembler au-delà de son électorat traditionnel. Pourtant, cette démission rappelle les tensions internes et les risques de dérapages symboliques qui pèsent sur le RN, alors que ses dirigeants tentent de normaliser l’image du parti.
Les affaires judiciaires du RN s’accumulent
Le Rassemblement national fait face à plusieurs procédures judiciaires, dont le procès en appel concernant l’affaire des assistants parlementaires européens. Louis Aliot, figure historique du parti, a annoncé qu’il allait former un pourvoi en cassation après sa condamnation dans cette affaire. François Ruffin, député de la Somme, a dénoncé « des distributions d’emplois fictifs, à tout l’entourage, comme des pains au chocolat », une formule chocs qui illustre la virulence des attaques contre le RN.
Par ailleurs, Marine Le Pen a confirmé qu’elle ferait également un pourvoi en cassation concernant sa propre condamnation dans cette même affaire. Ses avocats ont souligné qu’elle « ne lâche rien » et continuent de se battre sur le plan juridique. Ces affaires judiciaires pèsent sur la crédibilité du parti, alors que Marine Le Pen mise sur une image de respectabilité pour séduire les électeurs modérés.
Les réactions politiques à la candidature de Marine Le Pen
La candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027 a suscité de nombreuses réactions politiques. Jean-Luc Mélenchon a qualifié sa condamnation de « minable dans cette gesticulation pour se défausser », tandis que Manon Aubry, députée européenne, a déclaré : « On savait que le Rassemblement national était un parti de voleurs, désormais, c’est aussi un parti de menteurs. »
Du côté des alliés potentiels, Éric Ciotti et Éric Zemmour ont réagi à l’annonce de la candidature de Marine Le Pen, sans pour autant annoncer de soutien explicite. Ces réactions illustrent la polarisation du débat politique français, alors que l’extrême droite cherche à s’imposer comme une force majeure dans la perspective de 2027.
Une campagne sous haute tension
Alors que Marine Le Pen a dévoilé son affiche de campagne avec le slogan « Pour la France, la Renaissance », son équipe doit gérer simultanément plusieurs fronts : les polémiques internes, les affaires judiciaires et la nécessité de rassembler au-delà de son socle électoral. Vincent Vantighem, grand reporter police-justice chez BFMTV, a souligné que « rien ne lui interdit de faire campagne sous bracelet » — une référence à la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires, qui ne l’empêche pas d’exercer ses droits politiques.
Pour Laure Lavalette, porte-parole du RN, « le seul risque qu’elle prend est de gagner l’élection présidentielle ». Cette déclaration reflète la confiance affichée par le parti, malgré les obstacles juridiques et médiatiques. Le Conseil national de cet après-midi pourrait être l’occasion de préciser les alliances et les stratégies pour les mois à venir.
Cette démission rappelle que la route vers l’Élysée reste semée d’embûches pour le Rassemblement national, entre héritage historique controversé, affaires judiciaires et nécessité de rassembler un électorat fragmenté.