À l’occasion de l’édition 2026 du Voyage à Nantes, Ouest France a suivi le quotidien d’un effaroucheur et de sa buse, chargés de protéger les avions des collisions avec les oiseaux. Leur travail, souvent invisible, fait désormais l’objet d’une œuvre artistique exposée dans le cadre de cet événement culturel.

Ce qu'il faut retenir

  • Une mission cruciale : limiter les risques de collisions entre avions et oiseaux à l’aéroport de Nantes-Atlantique.
  • Un duo opérationnel : l’effaroucheur utilise une buse pour éloigner les volatiles des zones de décollage et d’atterrissage.
  • Une reconnaissance artistique : leur travail est mis en avant dans le cadre du Voyage à Nantes 2026.
  • Un enjeu de sécurité aérienne : ces collisions peuvent causer des dommages matériels et perturber les opérations.

L’aéroport de Nantes-Atlantique, un terrain sensible aux oiseaux

Chaque jour, des milliers de passagers transitent par l’aéroport de Nantes-Atlantique, situé à seulement 8 km du centre-ville. Or, cet espace est également un lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux, attirés par les zones humides environnantes et les espaces verts. Selon les données de l’aéroport, plus de 200 collisions entre avions et oiseaux ont été recensées en 2025, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène. Sans intervention, ces rencontres peuvent endommager les réacteurs, les pare-brise ou les systèmes de navigation, entraînant des retards ou, dans les cas les plus graves, des incidents.

Le rôle clé de l’effaroucheur et de sa buse

Pour réduire ces risques, l’aéroport s’appuie sur des effaroucheurs, des professionnels formés à la gestion de la faune. Leur outil principal ? Une buse, rapace diurne dont la simple présence suffit souvent à dissuader les autres oiseaux. « La buse agit comme un prédateur naturel », explique l’effaroucheur rencontré par Ouest France.

« Elle effraie les oiseaux en volant près d’eux ou en émettant des cris. Leur instinct de survie les pousse à quitter la zone. »
Leur intervention se concentre sur les périodes de forte activité aérienne, notamment tôt le matin et en fin de journée.

Une journée type à la croisée du réel et de l’artistique

Le reportage de Ouest France a permis de suivre une journée de travail de cet effaroucheur. Dès l’aube, il se rend sur le tarmac avec sa buse, protégée par un équipement adapté. « On commence par repérer les zones où les oiseaux sont les plus nombreux », précise-t-il. « Ensuite, on déploie la buse pour créer une zone de sécurité autour des pistes. » Son travail s’articule avec celui des équipes au sol, qui surveillent les mouvements des volatiles via des caméras thermiques. Les résultats sont immédiats : en moins d’une heure, la majorité des oiseaux quittent les zones à risque.

Une œuvre exposée au Voyage à Nantes 2026

Leur mission, bien que technique, a inspiré une œuvre artistique présentée lors du Voyage à Nantes 2026, un festival annuel qui mêle art urbain, performances et interventions dans l’espace public. Intitulée « Le Vol et la Piste », cette création met en scène la relation entre l’homme, l’animal et la machine. « On a voulu montrer l’importance de ce métier invisible », explique l’artiste en charge du projet. « Sans ces effaroucheurs, l’aéroport ne pourrait pas fonctionner aussi sereinement. » L’œuvre, visible jusqu’au 30 septembre 2026, inclut des vidéos du quotidien de l’effaroucheur, ainsi que des installations évoquant le mouvement des oiseaux et des avions.

Et maintenant ?

Alors que l’aéroport de Nantes-Atlantique prépare son extension pour les prochaines années, la question de la cohabitation avec la faune locale reste un défi. Les autorités pourraient renforcer les dispositifs de surveillance automatisée, comme des drones équipés de systèmes d’effarouchement sonore. Une étude sur les trajets migratoires des oiseaux devrait être publiée d’ici fin 2026, afin d’adapter les zones de vol des effaroucheurs. Reste à voir si ces innovations viendront compléter ou remplacer, en partie, le travail humain.

Le Voyage à Nantes 2026, qui se poursuit jusqu’à la fin de l’été, offre ainsi une occasion unique de découvrir des métiers méconnus, comme celui d’effaroucheur. Une démonstration que la sécurité aérienne passe aussi par des solutions écologiques et respectueuses de l’environnement.

Les aéroports offrent des espaces dégagés et des zones humides propices au repos ou à la recherche de nourriture pour les oiseaux. Les pistes et les parkings sont souvent perçus comme des étendues de gravier ou d’herbe, idéales pour certaines espèces.