Une semaine après le double séisme qui a frappé le Venezuela, la crise humanitaire s’aggrave malgré l’intervention de trente pays mobilisés pour porter secours aux populations touchées. Selon France 24, les secousses, survenues il y a sept jours, ont déjà fait officiellement plus de 1 700 morts et laissent derrière elles des « dizaines de milliers de disparus ». Les morgues du pays, submergées, ne parviennent plus à absorber l’afflux de victimes.
Ce qu'il faut retenir
- 1 700 morts officiellement recensés, mais les autorités évoquent un bilan largement sous-estimé en raison de l’ampleur des destructions et de l’accès limité aux zones les plus affectées.
- Dizaines de milliers de disparus : les recherches se poursuivent dans les décombres, tandis que les survivants manquent cruellement d’eau, de nourriture et de soins.
- Trente pays engagés : une aide internationale coordonnée tente d’apporter une réponse à l’urgence, mais les besoins restent colossaux face à l’ampleur de la catastrophe.
- Morgues saturées : les capacités d’accueil des établissements funéraires sont dépassées, obligeant les autorités à recourir à des solutions temporaires pour gérer les dépouilles.
- Accès difficiles dans certaines zones rurales et montagneuses, où les infrastructures ont été détruites, compliquant encore les opérations de secours.
Une catastrophe d’ampleur nationale
Le double séisme, d’une magnitude de 6,8 et 7,2 sur l’échelle de Richter, a frappé mardi dernier le nord-ouest du Venezuela, principalement les États de Mérida, Táchira et Zulia. Selon les dernières estimations officielles, plus de 1,7 million de personnes seraient directement affectées, soit près de 5 % de la population vénézuélienne. Les dégâts matériels sont « catastrophiques », avec des villes entières coupées du reste du pays en raison de l’effondrement des ponts et des routes, comme l’a confirmé le gouverneur de l’État de Mérida, Ramón Guevara, dans une déclaration rapportée par France 24.
Les premiers bilans, encore provisoires, indiquent que plus de 50 000 habitations ont été endommagées ou détruites, laissant des milliers de familles sans abri. Les hôpitaux, déjà fragilisés par des années de crise économique, peinent à absorber l’afflux de blessés. « Les structures sanitaires sont saturées, et les stocks de médicaments s’épuisent », a précisé un responsable du ministère vénézuélien de la Santé, cité par la même source.
L’aide internationale en première ligne, mais les besoins dépassent les moyens
Face à l’urgence, une trentaine de pays ont proposé leur assistance, envoyant des équipes de secours, du matériel médical et des denrées alimentaires. Les États-Unis, l’Union européenne, la Colombie et le Panama figurent parmi les principaux contributeurs. Cependant, la logistique reste complexe en raison de l’isolement de certaines zones et des infrastructures détruites. « L’aide arrive, mais elle ne suffit pas. Les besoins sont immenses, et la priorité absolue reste l’accès aux zones les plus isolées », a souligné un porte-parole de l’ONU sur place.
Parmi les pays les plus actifs, la Colombie a déployé des hélicoptères pour acheminer des vivres et évacuer des blessés, tandis que l’Union européenne a débloqué une enveloppe d’urgence de 5 millions d’euros pour financer les opérations. Pour autant, les organisations humanitaires alertent sur le risque de pénuries prolongées. « Sans un accès garanti et sécurisé, l’aide ne pourra pas atteindre tous ceux qui en ont besoin », a prévenu Médecins Sans Frontières dans un communiqué.
Un bilan humain difficile à établir
Les autorités vénézuéliennes reconnaissent que le bilan officiel de 1 700 morts est très probablement sous-estimé. Dans certaines zones rurales, les communications ont été coupées pendant plusieurs jours, empêchant toute estimation fiable. Les morgues, débordées, ont dû faire appel à des chambres froides mobiles pour stocker les corps en attendant leur identification. « La situation est dramatique. Nous manquons de tout : de personnel formé, de matériel, et surtout de temps », a déclaré une infirmière travaillant dans un centre de crise à Mérida.
Les disparus, eux, se comptent par milliers. Les familles se rassemblent dans les centres de rassemblement improvisés, espérant retrouver des proches ensevelis sous les décombres. Les autorités ont lancé un appel à la solidarité nationale, mais la peur des répliques sismiques et l’absence de réseaux stables freinent les recherches. « Chaque heure compte, mais les moyens manquent pour fouiller systématiquement les zones touchées », a déploré un responsable de la protection civile vénézuélienne.
Reste à voir dans quelle mesure la communauté internationale parviendra à maintenir son engagement sur la durée. Pour l’heure, l’urgence absolue reste d’éviter que la crise ne s’aggrave dans les zones encore coupées du reste du pays.
Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté. D’abord, l’effondrement des infrastructures de communication a coupé l’accès à certaines zones rurales pendant plusieurs jours. Ensuite, les répliques sismiques, toujours possibles, compliquent les opérations de sauvetage et découragent les volontaires. Enfin, les morgues, déjà saturées avant la catastrophe, manquent cruellement de moyens pour identifier et recenser les corps rapidement. Selon le ministère vénézuélien de la Santé, « entre 30 et 40 % des victimes pourraient ne jamais être comptabilisées » en raison de ces contraintes.