Depuis plusieurs jours, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et figure de La France insoumise, est la cible de vives critiques après une déclaration jugée fantaisiste dans une interview diffusée sur LCI le 5 juillet dernier. Selon Le Figaro, il aurait affirmé avoir voté pour François Mitterrand lors des élections présidentielles de 1981 et 1988, alors qu’il n’était pas encore majeur à ces dates. Une affirmation rapidement démentie par son âge réel à l’époque : sept ans en 1981 et quatorze ans en 1988.

Cette séquence, extraite d’un entretien réalisé par le journaliste Darius Rochebin, a suscité un tollé sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Dans cette interview, Bally Bagayoko participait à un jeu de questions-réponses sur les présidents français, où il avait associé Mitterrand à l’idée d’« un espoir ». Interrogé par Darius Rochebin sur son propre vote, il avait répondu : « Oui » pour 1981, puis avait précisé s’être abstenu en 2002 « sur la consigne de [son] défunt père ». Une affirmation qui a immédiatement été reprise et moquée, notamment par des personnalités politiques et médiatiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a affirmé avoir voté pour François Mitterrand en 1981 et 1988 lors d’une interview sur LCI le 5 juillet 2026.
  • Il avait seulement 7 ans en 1981 et 14 ans en 1988, ce qui rend cette déclaration impossible d’un point de vue chronologique.
  • La séquence a été largement relayée et critiquée, notamment sur les réseaux sociaux, où il a été traité de « gros mytho ».
  • Charles Consigny, chroniqueur des Grandes Gueules, a évoqué une possible « mythomanie » dans son analyse.
  • Cette déclaration intervient dans un contexte de montée des tensions au sein de la gauche, alors que la présidentielle de 2027 se profile.

Une déclaration qui fait polémique

L’extrait de l’interview, diffusé à la fin d’un entretien consacré à l’élection présidentielle à venir, a rapidement été détourné et commenté. Bally Bagayoko, interrogé sur sa vision de Jean-Luc Mélenchon comme futur président, avait d’abord enchaîné les associations symboliques : De Gaulle (« la constance »), Pompidou (« patrimoine »), Giscard (« Françafrique »), Chirac (« sécuritaire »), Sarkozy (« sécuritaire plus, plus »), Hollande (déjà évoqué) et Macron (« capitalisme »).

C’est en évoquant Mitterrand que la polémique a éclaté. Darius Rochebin lui avait alors demandé s’il avait voté pour lui. « Oui », avait répondu Bagayoko, avant de préciser s’être abstenu en 2002 « comme la consigne de [son] défunt père ». Une réponse qui, pour beaucoup, relève de l’anachronisme, voire de l’affabulation.

Un déluge de critiques sur les réseaux sociaux

Dès la diffusion de l’interview, les réseaux sociaux se sont emparés de l’affaire. Françoise Degois, journaliste à Sud Radio, a raillé Bagayoko en le qualifiant de « gros mytho » sur X (ex-Twitter), tandis que Charles Consigny, sur le plateau des Grandes Gueules, a évoqué une possible « mythomanie » de sa part. « Il se prend pour le nouvel espoir de la gauche. Il n’est pas le seul, il y a un certain nombre de mecs comme ça qui ne passent plus les portes », a-t-il ajouté, citant Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, comme autre exemple.

Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de défiance envers certains responsables politiques, notamment à gauche, où les divisions et les excès de langage sont souvent pointés du doigt. Bally Bagayoko, qui défend notamment la « régularisation de tous les sans-papiers » et voit dans l’immigration un « levier démographique », reste une figure controversée au sein même de son camp.

Un maire aux positions radicales

Parallèlement à cette polémique, Bally Bagayoko continue de défendre des positions marquées au sein de La France insoumise. Il s’est notamment illustré en 2022 en déclarant que « Marine Le Pen avait pu rester à un cheveu près » face à Emmanuel Macron, un propos qui avait alors fait réagir. Plus récemment, il a été associé à une proposition de loi controversée visant à amender l’article 5 d’un texte sur la protection de l’enfance, une initiative qui avait suscité l’incompréhension, y compris au sein de son parti.

Ces prises de position, couplées à des déclarations comme celle sur Mitterrand, alimentent une image de radicalité qui divise. Pierre-Henri Tavoillot, philosophe et éditorialiste, a d’ailleurs estimé que « Bally Bagayoko a prouvé que la “nouvelle France” de LFI n’était ni démocratique, ni républicaine », selon ses propos rapportés par Le Figaro.

Et maintenant ?

La polémique autour de cette déclaration devrait continuer de nourrir les débats dans les jours à venir, alors que Bally Bagayoko reste une figure montante de la gauche radicale. Reste à savoir si cette affaire aura un impact sur sa carrière politique ou sur la perception de La France insoumise à l’approche des prochaines échéances électorales. Le parti, déjà fragilisé par des divisions internes, pourrait voir cette polémique alimenter les critiques sur son manque de rigueur.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer les conséquences de cet incident. Une clarification de sa part, ou une réaction officielle de LFI, pourrait permettre de recentrer le débat sur les propositions politiques plutôt que sur les polémiques personnelles. À moins que cette affaire ne s’inscrive dans une série de controverses qui finiront par éroder sa crédibilité auprès de l’électorat.

En attendant, la gauche française devra composer avec ces divisions alors que l’horizon de 2027 se précise. Les sondages actuels, qui donnent Jordan Bardella en tête face à Jean-Luc Mélenchon, pourraient encore évoluer, mais la crédibilité des figures du camp progressiste reste un enjeu majeur.

Le maire de Saint-Denis a été critiqué après avoir affirmé avoir voté pour François Mitterrand en 1981 et 1988, alors qu’il n’avait respectivement que 7 et 14 ans à ces dates. Cette déclaration a été jugée impossible et a suscité des moqueries sur les réseaux sociaux et dans certains médias.

Aucune date précise n’est encore fixée, mais les prochaines élections municipales et la présidentielle de 2027 pourraient être des étapes clés pour évaluer l’impact de cette polémique sur sa carrière politique.