Air Canada a annoncé la nomination d’un nouveau directeur général, Anko van der Werff, un Néerlandais multilingue, pour succéder à Michael Rousseau, contraint à la démission après une polémique liée à son usage exclusif de l’anglais dans une vidéo de condoléances. Selon BFM Business, ce changement intervient alors que la compagnie aérienne canadienne, dont le siège social est implanté à Montréal, doit respecter la loi sur les langues officielles, qui impose un bilinguisme anglais-français dans ses communications.
Ce qu'il faut retenir
- Anko van der Werff, nouveau PDG d’Air Canada, parle couramment français, une compétence absente chez son prédécesseur.
- Michael Rousseau a été poussé à la démission après avoir provoqué un tollé en s’exprimant uniquement en anglais dans une vidéo destinée aux familles des pilotes décédés.
- La loi canadienne sur les langues officielles impose à Air Canada, entreprise privée sous réglementation fédérale, de proposer ses services en anglais et en français.
- Le Premier ministre Mark Carney et la ministre des Affaires étrangères Anita Anand avaient critiqué Michael Rousseau pour son manque de jugement et de compassion.
- Van der Werff a souligné dans une vidéo interne son attachement à la maîtrise du français au Canada, une qualité reconnue dès son arrivée.
Un départ forcé après une erreur de communication
Michael Rousseau a quitté ses fonctions à la tête d’Air Canada après avoir été vivement critiqué pour une vidéo diffusée en mars 2026. Dans ce message, destiné aux proches des deux pilotes tués dans une collision à l’aéroport LaGuardia de New York, il s’était exprimé exclusivement en anglais. Or, le Canada est un pays officiellement bilingue, et le Québec, où se trouve le siège d’Air Canada, accorde une place centrale à la langue française. La polémique a rapidement pris de l’ampleur, dépassant le cadre de l’entreprise pour toucher les plus hautes sphères politiques.
Le Premier ministre Mark Carney avait réagi publiquement, qualifiant la situation de « très décevante » et estimant que Rousseau avait « manqué de jugement et de compassion ». De son côté, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand avait rappelé avec fermeté que « le Canada est un pays bilingue » et que ses dirigeants se devaient de maîtriser les deux langues officielles. Ces déclarations publiques avaient scellé le sort du PDG, dont les excuses, présentées tardivement, n’avaient pas suffi à apaiser la crise.
« Malgré un grand nombre de leçons au fil des années, je demeure incapable de m’exprimer adéquatement en français. Je m’en excuse sincèrement et tiens à préciser que je poursuis mes efforts pour m’améliorer. »
— Michael Rousseau, dans un communiqué publié après la polémique
Un successeur choisi pour son bilinguisme et son expérience internationale
Pour remplacer Rousseau, Air Canada a opté pour Anko van der Werff, un cadre néerlandais de 54 ans, ancien dirigeant de la compagnie scandinave SAS et passé par Air France. Selon les informations révélées par BFM Business, sa maîtrise du français a été un critère déterminant dans le choix du conseil d’administration. Dans une vidéo interne adressée aux employés, consultée par Bloomberg News, il a expliqué son attachement à la langue de Molière : « Comme beaucoup de Néerlandais de ma génération, j’ai eu la chance d’apprendre le français à l’école et j’ai passé du temps en France avec mes parents, en particulier avec ma mère. Je comprends l’importance de pouvoir communiquer en français ici, au Canada. »
Van der Werff prendra officiellement ses fonctions le 15 juillet 2026, selon les informations transmises à la presse. Son profil international, marqué par des expériences dans des compagnies aériennes majeures, est perçu comme un atout pour redresser l’image d’Air Canada, mise à mal par la crise récente. Son arrivée coïncide également avec une période de tensions autour du respect des obligations linguistiques de l’entreprise, un dossier sensible au Québec.
Une loi canadienne exigeante pour les entreprises fédérales
Air Canada, bien que société privée, est soumise à la loi sur les langues officielles du Canada, adoptée en 1969 et renforcée depuis. Cette législation impose à toutes les institutions fédérales, ainsi qu’aux entreprises privées sous réglementation fédérale comme Air Canada, de fournir leurs services en anglais et en français. Le Québec, où la question linguistique est particulièrement sensible, veille avec attention au respect de cette obligation. La nomination de Van der Werff pourrait ainsi être interprétée comme une volonté de l’entreprise de se conformer aux attentes locales.
La polémique autour de Rousseau a également mis en lumière les attentes accrues envers les dirigeants d’entreprises opérant au Canada. En effet, depuis plusieurs années, les autorités fédérales et provinciales insistent sur l’importance de la représentation linguistique dans les postes à haute responsabilité. La crise chez Air Canada illustre cette dynamique, où les compétences linguistiques ne sont plus perçues comme un simple atout, mais comme une obligation.
En attendant, la compagnie aérienne devra gérer une transition délicate, alors que les attentes en matière de bilinguisme n’ont jamais été aussi élevées. Pour Van der Werff, l’enjeu sera double : rétablir la confiance après la crise et démontrer que la diversité linguistique peut être un levier de performance plutôt qu’un simple sujet de conformité.
Air Canada, dont le siège social est situé à Montréal, est soumise à la loi canadienne sur les langues officielles. Cette loi impose à l’entreprise de proposer ses services en anglais et en français, une exigence renforcée au Québec, où le français est la langue officielle. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions et une perte de légitimité auprès des autorités locales.