Selon Cryptoast, le Bitcoin bénéficie désormais d’une notoriété importante en France, mais reste encore mal compris. Une étude menée par Selvitys pour Bitstack auprès de 2 750 Français âgés de 18 à 64 ans révèle des disparités marquées entre hommes et femmes dans leur rapport à la première cryptomonnaie.

Ce qu'il faut retenir

  • 93 % des Français ont entendu parler du Bitcoin, mais seulement 17 % estiment pouvoir l’expliquer.
  • L’étude montre un écart net entre les genres : 26 % des hommes contre 9 % des femmes déclarent comprendre son fonctionnement.
  • 12,6 % des hommes détiennent du Bitcoin contre 3,7 % des femmes, mais les intentions d’achat dans les 12 prochains mois se rapprochent (28 % contre 22 %).
  • Chez les femmes détentrices, le Bitcoin est davantage perçu comme un outil d’autonomie financière, avec des motivations liées à l’indépendance bancaire et à la retraite.

Une notoriété large, mais une compréhension limitée

La première cryptomonnaie reste un sujet connu du grand public. Selon l’étude, 93 % des Français de 18 à 64 ans ont déjà entendu parler du Bitcoin, un chiffre qui illustre son ancrage dans le paysage économique. Pourtant, cette notoriété ne s’accompagne pas d’une maîtrise du sujet : seuls 17 % des sondés estiment être capables d’expliquer ce qu’est le Bitcoin, et 44 % n’ont pas d’opinion tranchée sur la cryptomonnaie. Parmi les détenteurs, une grande majorité, soit 75 %, détiennent du Bitcoin depuis plus d’un an, et 44 % comptent le conserver pendant plus de cinq ans, confirmant une approche d’investissement à long terme.

Des écarts persistants entre hommes et femmes dans la compréhension

Si la connaissance du Bitcoin est quasi généralisée, des différences notables apparaissent selon le genre. Les femmes, bien qu’à 90 % au courant de l’existence du Bitcoin, sont trois fois moins nombreuses que les hommes à déclarer le comprendre : 9 % contre 26 %. Cette disparité reflète peut-être une tendance plus large à la surconfiance masculine dans l’évaluation de ses propres compétences. Une méta-analyse de 2022, portant sur 80 expériences, révélait que 52,2 % des hommes surestiment leurs performances, contre 46,2 % des femmes.

Les perceptions divergent également. Seules 24 % des femmes ont une opinion positive du Bitcoin, contre 41 % des hommes. À l’inverse, les femmes sont plus nombreuses à ne pas avoir d’avis tranché (51 % contre 37 %). Ces chiffres soulignent une méfiance ou une indécision plus marquée chez elles face à cette technologie financière.

Détention et motivations : l’autonomie financière au cœur des différences

Les chiffres de détention illustrent un fossé entre les genres. Seules 3,7 % des femmes déclarent posséder du Bitcoin, contre 12,6 % des hommes. Pourtant, les intentions d’achat dans les douze prochains mois se rapprochent : 22 % des femmes envisagent d’en acheter, contre 28 % des hommes. Ce constat suggère que les femmes pourraient être en phase de découverte ou de familiarisation avec l’outil, sans pour autant avoir franchi le pas de l’investissement.

Parmi les femmes détentrices, âgées de 25 à 44 ans, le Bitcoin représente souvent un premier investissement : 42 % contre 32 % chez les hommes du même âge. Leurs motivations diffèrent aussi. Elles citent davantage l’autonomie financière comme raison principale, avec 84 % d’entre elles évoquant la volonté de s’affranchir des banques, contre 70 % des hommes. La préparation de la retraite est également plus souvent mentionnée par les femmes (81 % contre 72 %).

« Les femmes voient dans le Bitcoin un moyen de reprendre le contrôle sur leur épargne et de sécuriser leur avenir financier, » explique un porte-parole de Bitstack.

Un outil perçu comme une alternative aux systèmes traditionnels

L’étude met en lumière une perception genrée du Bitcoin. Pour les femmes, cette cryptomonnaie est avant tout un outil d’émancipation financière, une façon de contourner les intermédiaires bancaires et de diversifier leurs actifs. Les hommes, en revanche, l’envisagent davantage sous l’angle de l’investissement spéculatif ou de la technologie disruptive. Cette divergence s’explique en partie par des rapports différents à la finance et à la prise de risque.

Côté adoption, le Bitcoin reste marginal en France : seulement 8 % des Français en détiennent aujourd’hui, et 11,5 % en ont déjà possédé. Pourtant, son image se dégage progressivement des préjugés négatifs, avec 32 % des sondés ayant une perception positive, contre 24 % négative. Les femmes, plus indécises, pourraient représenter un vivier de croissance pour les acteurs du secteur.

Et maintenant ?

L’adoption du Bitcoin en France pourrait s’accélérer dans les mois à venir, notamment si les acteurs du secteur parviennent à mieux éduquer le grand public. Les prochaines échéances, comme l’évolution des régulations européennes ou l’arrivée de nouveaux produits financiers liés aux cryptomonnaies, pourraient jouer un rôle clé. Reste à voir si les femmes, aujourd’hui plus réticentes, seront séduites par les arguments de décentralisation et d’indépendance financière que porte le Bitcoin.

En attendant, les plateformes d’échange tentent de séduire un public plus large. Bitstack, par exemple, propose un bonus de 5 € en Bitcoin pour tout nouvel utilisateur s’inscrivant via un code parrainage, offrant ainsi une incitation concrète à l’entrée sur le marché.

Non. Selon l’étude Bitstack, 17 % des Français estiment pouvoir expliquer le Bitcoin, mais l’accès à cette technologie ne nécessite pas de compétences techniques poussées. Les plateformes comme Bitstack ou Kraken proposent des interfaces simplifiées pour faciliter l’achat et la détention, même pour les débutants. L’enjeu reste la compréhension des risques, rappelle l’étude, notamment pour les femmes qui sont moins nombreuses à se déclarer compétentes.