Les autorités malaisiennes ont mené une vaste opération policière et administrative contre le minage illégal de cryptomonnaies, saisissant **75 000 machines** réparties sur l’ensemble du territoire. L’opération, coordonnée par plusieurs agences gouvernementales, visait à endiguer le vol d’électricité massif lié à ces activités. Selon Journal du Coin, cette saisie représente l’une des plus importantes jamais réalisées en Asie du Sud-Est dans ce domaine.
Ce qu'il faut retenir
- **75 000 machines de minage** saisies lors d’une opération coordonnée en Malaisie
- Les appareils ont été saisis dans le cadre d’une lutte contre le **vol d’électricité** massif lié au minage illégal
- L’opération a mobilisé plusieurs agences gouvernementales, dont la police et les services fiscaux
- Le minage de cryptomonnaies consomme jusqu’à **10 % de la consommation électrique nationale** dans certains pays, selon les estimations
- Les autorités malaisiennes n’ont pas encore communiqué sur les détails juridiques ou les suites pénales
Une opération d’ampleur contre le minage illégal
Les forces de l’ordre et les services de répression des fraudes ont procédé à des perquisitions simultanées dans plusieurs États malaisiens, notamment dans les régions de Johor, Selangor et Penang. Selon les premiers éléments rapportés par Journal du Coin, les machines saisies étaient principalement des modèles dédiés au minage du Bitcoin et d’autres cryptomonnaies majeures. Les autorités ont également identifié des réseaux électriques frauduleux, souvent détournés pour alimenter ces installations.
Cette opération s’inscrit dans un contexte de tension croissante autour de la consommation énergétique du minage de cryptomonnaies. En Malaisie, comme dans d’autres pays de la région, les opérateurs illégaux exploitent des branchements clandestins pour éviter de payer les factures d’électricité, qui peuvent atteindre des sommes considérables. Les services publics estiment que ces fraudes coûtent des **centaines de millions de ringgits** (environ 20 à 30 millions d’euros) chaque année au pays.
Des conséquences économiques et environnementales
Au-delà des pertes financières pour l’État, cette fraude a un impact environnemental non négligeable. Le minage de cryptomonnaies, très énergivore, repose souvent sur des sources d’énergie carbonées dans les pays en développement. En Malaisie, où une partie importante de l’électricité provient de centrales à charbon, cette activité contribue à l’augmentation des émissions de CO₂. Les autorités ont souligné que la lutte contre ces pratiques s’inscrivait dans leur stratégie de transition énergétique.
Les machines saisies, d’une valeur estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars, seront probablement confisquées et revendues aux enchères, une fois leur statut juridique clarifié. Une partie des appareils pourrait également être utilisée à des fins éducatives ou de recherche, a indiqué un responsable du ministère de l’Énergie, cité par Journal du Coin. Cette opération envoie un signal fort aux acteurs du secteur, légaux comme illégaux.
« Cette saisie marque un tournant dans la lutte contre les fraudes énergétiques liées au minage. Nous allons renforcer nos contrôles et collaborer avec les fournisseurs d’électricité pour identifier les réseaux frauduleux. »
— Un porte-parole de la police royale malaisienne
Un cadre réglementaire en évolution
La Malaisie, comme de nombreux pays, tente de concilier innovation technologique et régulation du secteur des cryptomonnaies. En 2024, le gouvernement avait déjà adopté une loi encadrant les activités de minage, imposant aux opérateurs de s’enregistrer auprès des autorités et de respecter des normes environnementales. Malgré ces mesures, le minage illégal persiste, profitant des lacunes dans la surveillance des réseaux électriques.
Cette opération pourrait servir d’exemple à d’autres pays de la région, où le minage clandestin est également répandu. En Indonésie et aux Philippines, par exemple, les autorités ont multiplié les raids contre des fermes de minage illégales ces dernières années. En Malaisie, les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact de cette saisie sur le marché local du minage.
Cette opération soulève également des questions sur la responsabilité des plateformes de cryptomonnaies, souvent accusées de fermer les yeux sur les pratiques illégales de leurs utilisateurs. Les régulateurs malaisiens pourraient s’inspirer des mesures prises par l’Union européenne ou les États-Unis pour imposer des obligations de traçabilité aux acteurs du secteur.
Le minage repose sur des calculs mathématiques complexes qui nécessitent une puissance de calcul colossale. Les machines spécialisées (ASIC) consomment énormément d’électricité, souvent de l’ordre de plusieurs mégawatts pour une seule ferme de minage. Selon l’University of Cambridge, le réseau Bitcoin seul consomme plus d’électricité que des pays comme la Suisse ou les Pays-Bas.