Près de 6 000 marins restent bloqués dans le Golfe et le détroit d’Ormuz, selon les dernières évaluations de l’Organisation maritime internationale (OMI), une agence spécialisée de l’ONU. Une situation qui s’aggrave avec la reprise des tensions militaires dans la région, au point que l’agence onusienne dénonce un climat de « peur, d’incertitude et de détresse psychologique » pour ces professionnels de la mer, incapables de quitter la zone en toute sécurité.
Selon Le Figaro, l’OMI a confirmé mercredi 8 juillet 2026 que « ces attaques ne font qu’exacerber la peur, l’incertitude et la détresse psychologique que subissent déjà les quelque 6 000 gens de mer qui restent bloqués à bord de navires incapables de quitter le Golfe en toute sécurité ». L’agence appelle les États et les acteurs maritimes à éviter le transit par ce détroit stratégique, devenu un point de friction majeur.
Ce qu'il faut retenir
- 6 000 marins sont toujours bloqués dans le Golfe et le détroit d’Ormuz, selon l’OMI, agence de l’ONU chargée de la sécurité maritime.
- L’OMI dénonce un climat de « peur, d’incertitude et de détresse psychologique » chez les marins, en raison de la reprise des hostilités dans la région.
- Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’OMI, a appelé à éviter le transit par le détroit d’Ormuz, jugé dangereux.
- Les États-Unis ont mené des frappes contre plus de 80 cibles en Iran dans le détroit d’Ormuz, selon les dernières informations disponibles.
- Le prix du pétrole a enregistré une hausse en réaction aux tensions accrues dans cette zone stratégique pour le trafic maritime mondial.
Une crise humanitaire et logistique en pleine escalade
La situation dans le Golfe s’est dramatiquement dégradée ces dernières semaines, avec une intensification des échanges de tirs et des frappes ciblées. Les marins, professionnels souvent issus de pays variés, se retrouvent pris au piège de conflits géopolitiques qui dépassent largement leur cadre de travail. « Ces attaques ne font qu’exacerber la peur, l’incertitude et la détresse psychologique que subissent déjà les quelque 6 000 gens de mer », a souligné Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’OMI, dans un communiqué rendu public ce 8 juillet.
Les navires concernés, qu’ils soient commerciaux, pétroliers ou de transport de marchandises, ne peuvent plus quitter la zone sans risquer des représailles ou des accidents. Les assureurs maritimes ont déjà commencé à augmenter leurs tarifs pour les traversées dans cette région, reflétant le surcoût des risques encourus. Certains armateurs envisagent même de contourner totalement le détroit d’Ormuz, une route pourtant cruciale pour le commerce mondial, en privilégiant des itinéraires alternatifs comme le cap de Bonne-Espérance ou le détroit de Malacca.
Des frappes américaines qui enveniment les tensions
Les tensions ont encore été attisées par les frappes américaines menées contre plus de 80 cibles en Iran, situées dans et autour du détroit d’Ormuz. Ces opérations, présentées comme des « frappes puissantes » par Washington, visaient selon les autorités américaines à « neutraliser des menaces immédiates » contre la liberté de navigation. Une justification qui n’a pas suffi à calmer les craintes des acteurs maritimes, bien au contraire.
Le Golfe et le détroit d’Ormuz constituent une artère vitale pour le transport mondial de pétrole et de gaz. Environ 20 % du pétrole mondial transite chaque jour par cette route maritime, ce qui en fait une zone hautement stratégique — et donc hautement disputée. Les récentes attaques ont provoqué une hausse des prix du baril, les marchés anticipant des perturbations durables de l’approvisionnement. Certains pays producteurs, comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont déjà commencé à réduire leurs exportations via cette route, par précaution.
L’OMI appelle à la désescalade et à la protection des civils de la mer
Face à l’urgence de la situation, l’OMI a multiplié les appels à la retenue, insistant sur le fait que « les vies humaines et la sécurité maritime doivent primer sur toute considération géopolitique ». L’agence onusienne a rappelé que les marins, quels que soient leur nationalité ou leur employeur, bénéficient d’une protection particulière en vertu du droit international, notamment de la convention de l’ONU sur le droit de la mer.
« Nous exhortons les différents acteurs à éviter de faire transiter leurs navires par ce détroit », a martelé Arsenio Dominguez. Une recommandation qui s’accompagne d’une mise en garde plus large : « La communauté internationale doit agir rapidement pour éviter une crise humanitaire en mer, ainsi qu’une paralysie partielle du commerce mondial. » Certains armateurs commencent à suivre ces conseils, même si les coûts supplémentaires liés aux détours imposent une pression financière supplémentaire sur des secteurs déjà fragilisés par la crise économique post-pandémie.
En attendant, le prix du pétrole, déjà volatil, pourrait continuer à fluctuer en fonction des annonces militaires et diplomatiques. Les prochaines 48 heures s’annoncent donc cruciales pour la stabilité de la région et la sécurité des routes maritimes.
Le détroit d’Ormuz est une voie maritime étroite reliant le Golfe Persique au golfe d’Oman. Environ 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour. Une fermeture ou une perturbation de ce passage aurait des conséquences immédiates sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, entraînant une hausse des prix et des risques de pénurie dans plusieurs régions.