Environ 10 % de la population française déclarerait ressentir une gêne digestive après la consommation de gluten, selon les estimations de l’Association française des intolérants au gluten (AFDIAG). Ballonnements persistants, sensation de ventre lourd ou digestions difficiles sont autant de symptômes souvent associés à cette sensibilité. Dans un entretien accordé à RTL, le médecin et chroniqueur santé, le Dr Jimmy Mohamed, a livré ses recommandations sur le choix du pain le mieux toléré en cas de sensibilité au gluten.
Ce qu'il faut retenir
- Le pain aux céréales est souvent mieux toléré que le pain blanc classique, d'après le Dr Jimmy Mohamed
- Les variétés à base de seigle, sarrasin ou quinoa contiennent moins de gluten que le blé tendre
- Le pain de châtaigne représente une alternative sans gluten pour les personnes les plus sensibles
- La fermentation longue du pain améliore la digestibilité des céréales, selon les spécialistes
- Les boulangeries artisanales proposent désormais des gammes adaptées aux régimes pauvres en gluten
Une sensibilité au gluten qui touche un nombre croissant de consommateurs
La consommation de produits à base de blé, et notamment de pain, reste au cœur des habitudes alimentaires en France. Pourtant, de plus en plus de consommateurs rapportent des troubles digestifs après avoir mangé du pain blanc ou des viennoiseries. « Ce n’est pas une intolérance avérée, mais une sensibilité qui se manifeste par des symptômes inconfortables », a expliqué le Dr Jimmy Mohamed lors de son passage sur RTL. Autant dire que la distinction entre maladie cœliaque, allergie au blé et sensibilité non cœliaque reste un enjeu majeur pour les professionnels de santé.
Selon une étude publiée en 2024 par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), près de 6 % des Français souffriraient d’une sensibilité non cœliaque au gluten, un chiffre qui a doublé en dix ans. Face à ce constat, les conseils nutritionnels prennent une importance particulière pour éviter les carences ou les restrictions alimentaires trop strictes.
Le pain aux céréales, une option privilégiée par les experts
Parmi les recommandations du Dr Jimmy Mohamed figure en bonne place le pain aux céréales. « Ce type de pain, souvent fabriqué à partir de farines semi-complètes ou complètes, est généralement mieux toléré que le pain blanc », a-t-il précisé. La présence de fibres dans ces farines favorise en effet une meilleure digestion et limite les sensations de ballonnement. Les céréales comme l’avoine, le seigle ou l’orge contiennent moins de gluten que le blé, ce qui en fait des alternatives intéressantes pour les personnes sensibles.
Le médecin a également souligné l’importance de la qualité de la farine et du processus de fabrication. « Les pains issus de farines issues de céréales anciennes ou de mélanges variés sont souvent plus digestes », a-t-il ajouté. En revanche, il a rappelé que les pains industriels, même étiquetés « complets », peuvent contenir des additifs ou des agents de texture pouvant aggraver les symptômes.
Quelles alternatives concrètes pour les consommateurs ?
Pour ceux qui ne parviennent pas à consommer du pain de blé classique sans ressentir d’inconfort, plusieurs options s’offrent à eux. Le pain de seigle, par exemple, est naturellement pauvre en gluten et riche en fibres. Le sarrasin et le quinoa, bien que techniquement des pseudo-céréales, sont également des alternatives sans gluten ou très pauvres en gluten. Le pain de châtaigne, quant à lui, est une spécialité régionale qui séduit de plus en plus de consommateurs en quête d’options digestes.
« Il est essentiel de tester ces alternatives progressivement pour observer ses réactions », a conseillé le Dr Jimmy Mohamed. Il a également rappelé que la fermentation longue du pain, caractéristique de certaines boulangeries artisanales, permet de réduire la quantité de gluten présent dans la pâte grâce à l’action des enzymes naturelles. Une technique qui améliore significativement la digestibilité des produits.
Pour les personnes concernées, il est recommandé de consulter un professionnel de santé avant d’éliminer totalement le gluten de son alimentation. Une élimination brutale peut en effet masquer d’autres troubles digestifs ou entraîner des carences nutritionnelles. Le Dr Jimmy Mohamed a d’ailleurs insisté sur ce point lors de son intervention : « Le gluten n’est pas un ennemi en soi, sauf en cas de maladie cœliaque avérée. Dans les autres cas, une adaptation progressive des habitudes alimentaires reste la meilleure solution. »
Une intolérance avérée, comme la maladie cœliaque, se caractérise par une réaction immunitaire anormale au gluten entraînant une inflammation de l’intestin. Les symptômes incluent diarrhée chronique, perte de poids et fatigue intense. À l’inverse, une sensibilité non cœliaque se manifeste par des troubles digestifs (ballonnements, douleurs) sans lésion intestinale. Un diagnostic médical est nécessaire pour établir la différence.