Un manifestant a été tué et deux autres blessés mardi 7 juillet 2026 à Nairobi, dans le quartier populaire de Mathare, après que la police a ouvert le feu lors d’une manifestation contre des enlèvements attribués aux forces de sécurité, rapporte Le Figaro.
Selon les informations recueillies sur place, des habitants défilaient pacifiquement pour dénoncer la disparition de deux militants, Maxwell Kiarie, dit « Maxi », et Abdulaziz Molu, surnommé « Zizou », enlevés respectivement les 20 et 23 juin. Ces événements surviennent à la veille du second anniversaire de la répression sanglante de juin 2024, lors de laquelle des dizaines de manifestants avaient été arrêtés et disparus avant d’être retrouvés deux jours plus tard, souvent maltraités.
Ce qu'il faut retenir
- Un manifestant tué et deux blessés à Nairobi après des tirs policiers lors d’une manifestation à Mathare.
- Les protestataires dénonçaient l’enlèvement de deux militants, « Maxi » et « Zizou », disparus fin juin.
- Ces événements précèdent le second anniversaire de la répression meurtrière de juin 2024.
- Plus de 80 personnes ont été enlevées lors des manifestations de 2024, dont certaines restent disparues.
- Des défenseurs des droits humains appellent à mettre fin aux disparitions forcées.
Une manifestation pacifique dégénère dans le quartier de Mathare
Mardi après-midi, des habitants de Mathare, un quartier pauvre de Nairobi, se sont rassemblés pour exiger la libération de deux militants enlevés, selon des images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Le Figaro précise que les organisateurs avaient annoncé une marche « pacifique », mais des heurts ont rapidement éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Un photographe de l’AFP sur place a confirmé qu’un manifestant a été tué par balle et deux autres blessés lors de ces affrontements. Ces violences interviennent dans un contexte de tensions persistantes autour des méthodes répressives des autorités kényanes, souvent pointées du doigt par les organisations de défense des droits humains.
Le contexte des disparitions et de la répression
Les deux militants disparus, Maxwell Kiarie et Abdulaziz Molu, avaient été enlevés dans des circonstances troubles, selon les défenseurs des droits humains. Un communiqué publié par ces derniers avait souligné « l’inquiétude croissante face aux disparitions forcées » et exigé la libération immédiate des détenus. Amnesty International avait déjà documenté plusieurs cas similaires lors des manifestations de 2024, où des dizaines de personnes avaient été arrêtées avant de disparaître pendant 48 heures, avant d’être retrouvées souvent battues et en état de choc.
Parmi les victimes de cette répression figure Davis Lichuma, militant de Mathare, retrouvé dimanche dans un hôpital de Nairobi en état de choc. Sa photo, publiée dans la presse locale, avait marqué l’opinion publique. Selon la loi kényane, toute personne arrêtée doit être présentée devant un tribunal sous 24 heures, une obligation systématiquement ignorée dans ces cas, selon les ONG.
Plus de 80 enlèvements documentés depuis 2024
D’après les données compilées par les groupes de défense des droits humains, au moins 80 personnes ont été enlevées par les forces de sécurité depuis les manifestations de 2024. Certaines restent portées disparues, tandis que d’autres ont été retrouvées après des séjours prolongés dans des lieux non divulgués. En juin 2025, une nouvelle vague de contestation avait elle aussi été réprimée dans le sang, rappelant l’ampleur des violences policières au Kenya.
Ces pratiques systématiques, dénoncées par les ONG, illustrent une dégradation continue des droits humains dans le pays, malgré les engagements officiels du gouvernement. Les autorités n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations, alors que les tensions sociales s’intensifient à l’approche du second anniversaire de la répression de 2024.
« Cette action souligne l’inquiétude croissante face aux disparitions forcées et l’urgente nécessité que les autorités y mettent fin. »
— Déclaration conjointe des défenseurs des droits humains, relayée par Le Figaro
Un anniversaire marqué par la répression
Jeudi dernier, les autorités avaient déjà déployé massivement la police et instauré des barrages routiers pour empêcher tout rassemblement à Nairobi et dans d’autres villes du pays, afin de commémorer le second anniversaire de la répression de juin 2024. Seuls quelques dizaines de manifestants avaient finalement réussi à défiler dans le centre de Nairobi, placée en état de siège. Six d’entre eux avaient été arrêtés avant de disparaître, puis retrouvés deux jours plus tard, abandonnés au bord d’une route.
Ces mesures préventives, couplées aux violences policières, révèlent une stratégie de contrôle strict de l’espace public, qui contraste avec les revendications démocratiques portées par les manifestants. Les organisations de la société civile kényane appellent désormais à une enquête indépendante sur ces pratiques, tandis que la communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation.
La famille des victimes et les associations de défense des droits humains exigent quant à elles la tenue d’un procès pour les responsables présumés des enlèvements et des violences policières. Pour l’heure, aucune arrestation n’a été signalée dans l’enquête ouverte à la suite des événements de mardi.
Les manifestants dénoncent principalement les enlèvements de deux militants, « Maxi » et « Zizou », et exigent leur libération immédiate. Ils protestent aussi contre les pratiques répressives des forces de sécurité, qu’ils accusent de disparitions forcées et de violences lors des arrestations.
À ce jour, les autorités kényanes n’ont pas réagi publiquement aux accusations portées par les ONG et les manifestants. Aucune déclaration officielle n’a été faite concernant les responsabilités dans les violences ou les enlèvements signalés.