« Je me demande combien de temps je vais tenir. » Ces mots, rapportés par Ouest France, résument l’inquiétude grandissante des professionnels de la mytiliculture, cette filière spécialisée dans la culture des moules. Selon le quotidien, la situation devient critique pour de nombreux exploitants, dont les comptes s’enfoncent dans le rouge saison après saison. Le réchauffement climatique est pointé du doigt comme le principal responsable de cette dégradation, tandis que les prix de vente, eux, stagnent, faute de pouvoir répercuter la hausse des coûts de production sur un produit perçu comme bon marché.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse des rendements : les productions de moules de bouchot enregistrent des chutes significatives d’une saison à l’autre, selon Ouest France.
  • Prix stagnants : malgré la hausse des coûts, le prix de vente reste bas, la moule étant considérée comme un produit d’entrée de gamme.
  • Comptes en déficit : de nombreuses sociétés mytilicoles voient leurs résultats basculer dans le négatif.
  • Responsabilité climatique : le réchauffement global est identifié comme le principal facteur de cette crise structurelle.
  • Pression sur les emplois : la survie de la filière est désormais menacée, mettant en péril des centaines d’emplois directs et indirects.

Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave d’année en année. Les professionnels, interrogés par Ouest France, évoquent des rendements en baisse constante, sans signe d’amélioration à court terme. « Les saisons se suivent et se ressemblent, mais pas dans le bon sens », confie un éleveur de moules de bouchot en Bretagne, où la filière est historiquement ancrée. Le phénomène n’épargne aucune région : des baisses de production sont également signalées en Normandie et en Pays de la Loire, deux autres bastions de la mytiliculture française.

Côté prix, les producteurs peinent à suivre. « Une moule, c’est un produit accessible, et les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher », explique un responsable de coopérative mytilicole. Pourtant, les coûts grimpent : hausse des charges énergétiques, augmentation du prix des intrants, et surtout, des mortalités accrues de coquillages liées aux épisodes de réchauffement des eaux. Autant dire que les marges se réduisent comme peau de chagrin. « Certains mois, on vend à perte. C’est intenable », ajoute-t-il.

« Je me demande combien de temps je vais tenir. » — Un mytiliculteur en Bretagne, cité par Ouest France.

Les chiffres, quand ils sont disponibles, donnent une mesure précise de l’ampleur de la crise. Selon les dernières données compilées par la profession, certains bassins affichent des rendements en baisse de 20 à 30 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En parallèle, les stocks invendus s’accumulent, faute de débouchés suffisants. Les prix de gros, eux, stagnent autour de 1,50 € à 2 € le kilogramme, un tarif qui n’a presque pas évolué depuis une décennie. Les aides publiques, bien que présentes, ne suffisent plus à compenser l’écart entre coûts et recettes.

Cette crise survient dans un contexte où la demande en produits de la mer reste globalement stable, voire en légère hausse pour certaines espèces. Pourtant, la moule, souvent reléguée au rang de produit d’appel dans les menus des restaurants ou les étals des supermarchés, ne bénéficie pas de cette dynamique. « On est en train de perdre une partie de notre patrimoine gastronomique et économique », s’alarme un ancien président de la section mytilicole du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

Et maintenant ?

Pour éviter un effondrement de la filière, plusieurs pistes sont évoquées par les professionnels et les institutionnels. Un plan de relance spécifique, incluant des aides à l’investissement dans des techniques plus résilientes au changement climatique, est sur la table. Une réflexion est également engagée sur la valorisation du produit, afin de sortir de l’image de la moule « bas de gamme ». Enfin, la question d’une hausse des prix de vente, même modérée, pourrait être réexaminée lors des prochaines négociations commerciales. Une réunion est prévue en septembre 2026 avec les distributeurs pour évoquer ces sujets.

La filière mytilicole française, forte de plusieurs milliers d’emplois directs, n’a d’autre choix que de s’adapter. Mais le temps presse. Entre les aléas climatiques qui s’aggravent et la pression des coûts, les producteurs se retrouvent aujourd’hui face à une équation impossible : comment survivre sans perdre leur âme ?

Selon Ouest France, le réchauffement climatique est le principal facteur, avec des épisodes de canicules marines et des modifications des courants qui perturbent la croissance des moules. À cela s’ajoutent des mortalités accrues de coquillages et une hausse des coûts de production non compensée par les prix de vente.

Oui, des aides existent, mais elles ne suffisent plus à combler l’écart entre les coûts et les recettes. Les professionnels réclament un plan de relance spécifique, incluant des subventions pour moderniser les techniques d’élevage et une meilleure valorisation du produit auprès des consommateurs.