Sur les routes sinueuses du Périgord, entre les champs de noyers et les vallons de la Dordogne, une halte inattendue attire les amateurs de deux-roues et de nostalgie. À Saint-Marcel-du-Périgord, un musée dédié à la Vespa, ce scooter emblématique né en 1946 en Italie, perpétue l’esprit d’une époque où la mobilité rime avec liberté et dolce vita. Selon Franceinfo - Culture, cette collection unique, installée dans une ancienne chèvrerie, rassemble près de 2 000 pièces et témoigne de la passion de son propriétaire, Serge Boutade, pour ce véhicule mythique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le musée de la Vespa à Saint-Marcel-du-Périgord (Dordogne) célèbre le 80e anniversaire du célèbre scooter italien, toujours aussi prisé.
  • Installé dans une ancienne chèvrerie, il expose 2 000 objets, dont des Vespa, des triporteurs et des deux-roues d’exception, certains datés de 1949.
  • Serge Boutade, retraité passionné, a restauré et collectionné ces véhicules depuis l’âge de 15 ans, quand la Vespa représentait un symbole de liberté à moindre coût.
  • La commune a obtenu une subvention de 200 euros cette année pour soutenir ce musée, malgré les contraintes budgétaires d’un village de 150 habitants.
  • La famille Boutade est unie par cette passion : l’arrière-petite-fille de Serge possède elle aussi une Vespa, qu’elle préserve comme un « bébé » intouchable.

Un musée perdu dans le Périgord, mais connu des passionnés

En arrivant à Saint-Marcel-du-Périgord, il faut suivre les panneaux discrets pour découvrir le musée de Serge Boutade. Entre une route de campagne bordée de haies et un virage caché, l’ancienne chèvrerie transformée en temple de la Vespa se dévoile. « Un beau musée, mais il faut aller le chercher. C’est perdu quand même », explique une visiteuse. L’endroit, niché au cœur du Périgord, attire pourtant chaque année des centaines de curieux, séduits par l’authenticité de la collection et l’histoire qu’elle raconte.

À l’intérieur, les visiteurs découvrent des véhicules restaurés avec soin : une Vespa GT de 1957, une autre de 1962, ou encore un modèle de 1949, « le top », selon Serge Boutade. « Il a été restauré par un passionné. Je l’ai récupéré en Italie », précise-t-il avec fierté. Ces pièces, pour la plupart acquises en France ou à l’étranger, sont le fruit d’une quête personnelle débutée il y a plusieurs décennies.

La Vespa, un symbole de liberté pour une génération

Pour comprendre l’engouement autour de ce musée, il faut remonter à l’après-guerre. En 1949, trois ans après le lancement de la première Vespa par Piaggio, le scooter italien devient bien plus qu’un simple moyen de transport. « Les jeunes, on n’avait pas beaucoup d’argent, donc une Vespa, c’était pas cher, c’était vraiment la liberté », se souvient Serge Boutade. À 15 ans, il achète sa première Vespa et plonge dans l’univers des clubs locaux, où les acrobaties et les balades improvisées rythment le quotidien.

Ce mode de vie, à mi-chemin entre la bohème et l’aventure, a marqué toute une génération. Serge Boutade en est devenu un ambassadeur, propageant l’esprit « dolce vita » bien au-delà des frontières italiennes. Son engagement a même permis à son village de gagner en visibilité : « Cette année, on lui a donné une jolie subvention pour qu’il puisse continuer son travail. Deux cents euros. C’est un gros effort, parce que le jeu des subventions est très limité pour une petite commune comme nous », a déclaré Pierre-Yves Guillot, le maire (sans étiquette) de Saint-Marcel-du-Périgord.

Une passion familiale qui traverse les générations

La Vespa n’a pas seulement marqué l’histoire personnelle de Serge Boutade : elle a aussi uni sa famille. Sa femme, aujourd’hui décédée, lui avait promis que leur arrière-petite-fille en hériterait un jour. « La grand-mère lui avait dit que la Vespa serait la sienne quand elle serait grande », confie-t-il. Sylvie Boutade, sa fille, a elle aussi succombé au charme du deux-roues. Elle possède son propre modèle, qu’elle sort rarement du musée : « C’est rare quand je le prête. C’est mon bébé. C’est un coup de cœur. Je ne le vendrai jamais. »

Un seul privilégié a le droit de monter à bord de sa Vespa : Serge lui-même. « À moi, elle me la prête. Je suis une des rares personnes à qui elle la prête », glisse-t-il avec un sourire. Cette transmission, à la fois affective et matérielle, illustre la place centrale qu’occupe la Vespa dans la vie de cette famille.

« Les jeunes, on n’avait pas beaucoup d’argent, donc une Vespa, c’était pas cher, c’était vraiment la liberté. » — Serge Boutade, propriétaire du musée de la Vespa à Saint-Marcel-du-Périgord

Un patrimoine à préserver, malgré les défis

Si le musée de la Vespa attire des visiteurs du monde entier, sa survie dépend en grande partie de l’engagement de Serge Boutade et de la mairie. Les subventions, comme celle de 200 euros accordée cette année, sont cruciales, mais insuffisantes pour couvrir l’entretien d’une collection aussi vaste. « Deux cents euros, c’est un gros effort pour nous », souligne le maire, soulignant les limites financières d’une commune de seulement 150 habitants.

Pourtant, l’importance culturelle et historique du musée ne fait aucun doute. Il rappelle une époque où la mobilité était synonyme de rêve et d’évasion, avant l’ère de l’automobile individuelle et des trajets pendulaires. Aujourd’hui, alors que la Vespa fête ses 80 ans, ce lieu reste un hommage vibrant à un mythe intemporel.

Et maintenant ?

Alors que le musée de la Vespa à Saint-Marcel-du-Périgord continue d’attirer des visiteurs, la question de sa pérennité se pose. Avec des moyens limités, Serge Boutade et la mairie pourraient chercher à diversifier les sources de financement, via des partenariats ou des dons. Par ailleurs, des associations locales pourraient s’emparer de ce patrimoine pour en faire un projet plus large, autour de la mobilité douce ou du tourisme culturel en Dordogne. Pour l’instant, la Vespa y roule toujours — et avec elle, l’esprit de liberté qu’elle incarne.

Symbole d’une époque révolue, la Vespa n’a pourtant rien perdu de son éclat. Entre nostalgie et modernité, ce scooter italien continue de faire rêver, bien au-delà des frontières de l’Hexagone. À Saint-Marcel-du-Périgord, son musée en est la preuve vivante.

Les horaires et tarifs ne sont pas précisés dans l’article. Il est conseillé de contacter directement la mairie de Saint-Marcel-du-Périgord ou Serge Boutade pour obtenir ces informations.

Le musée, installé dans une ancienne chèvrerie, n’est pas indiqué comme ouvert en continu. Comme beaucoup de sites culturels ruraux, il est probable que les visites soient possibles uniquement sur réservation ou lors d’événements ponctuels. Une vérification auprès des organisateurs est recommandée.