Une analyse récente publiée dans Le Figaro met en lumière une corrélation surprenante entre certains prénoms et les résultats obtenus au brevet des collèges. Selon les données compilées, des prénoms comme Zélie, Bertille ou Hippolyte apparaissent bien plus fréquemment parmi les élèves décrochant les meilleures mentions, tandis que des noms comme Jason, Kylian ou Mehdi sont moins représentés dans ce groupe.
Ce qu'il faut retenir
- Les prénoms Zélie, Bertille et Hippolyte figurent parmi les plus associés aux meilleures mentions au brevet, selon une étude du Figaro.
- À l’inverse, les prénoms Jason, Kylian et Mehdi sont moins présents dans cette catégorie.
- Cette observation s’appuie sur une analyse des résultats des élèves ayant obtenu une mention « Très Bien » ou « Bien » lors de la session 2025 du brevet.
Cette étude, qui se base sur les données anonymisées des académies, soulève des questions sur l’influence potentielle du prénom dans la réussite scolaire. Si les résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité, ils révèlent des tendances statistiques marquées. Les prénoms cités par Le Figaro comme étant « surreprésentés » chez les meilleurs élèves sont souvent perçus comme traditionnels ou rares, tandis que ceux moins associés aux bonnes notes relèvent davantage de la culture populaire contemporaine.
Parmi les prénoms les plus fréquents chez les lauréats du brevet, on retrouve également Capucine, Gaspard ou encore Apolline. À l’opposé, les prénoms Ryan, Enzo ou Rayan apparaissent moins souvent dans les listes des élèves ayant obtenu une mention. Le Figaro précise que cette analyse ne tient pas compte du milieu social ou géographique des élèves, mais se concentre uniquement sur la correspondance entre prénom et réussite.
Une analyse qui interroge les préjugés
Les résultats de cette étude pourraient alimenter les débats autour des stéréotypes liés aux prénoms. Certains sociologues rappellent que le prénom peut refléter indirectement des facteurs comme l’origine sociale ou culturelle, sans pour autant déterminer la réussite scolaire. «
Un prénom n’a aucun impact intrinsèque sur les capacités intellectuelles d’un élève, mais il peut influencer la perception qu’en ont les enseignants ou les pairs», explique le sociologue Pierre Mercklé, professeur à l’université Grenoble-Alpes. Cette perception, même inconsciente, peut jouer un rôle dans la motivation ou l’accompagnement dont bénéficie l’élève.
D’autres spécialistes, comme la psychologue scolaire Sophie Marin, soulignent que ces corrélations statistiques ne doivent pas être interprétées de manière déterministe. « Il ne s’agit pas de dire qu’un prénom garantit la réussite, mais plutôt que certains prénoms, souvent portés par des milieux où l’encadrement scolaire est plus présent, sont plus fréquents dans les résultats scolaires élevés. » Les facteurs socio-économiques restent donc déterminants, mais cette étude ouvre une piste de réflexion sur l’importance des représentations.
Un phénomène qui dépasse les frontières
Si cette analyse se concentre sur la France, d’autres pays ont observé des tendances similaires. Aux États-Unis, des études ont montré que des prénoms comme Emma ou William étaient plus souvent associés à des parcours scolaires brillants, tandis que des noms comme DeShawn ou Shanice étaient moins représentés dans les classements d’excellence. En Allemagne, une recherche de l’université de Munich avait révélé que les prénoms jugés « classiques » ou « élégants » bénéficiaient d’un biais positif dans les évaluations.
En France, le phénomène est d’autant plus marqué que le prénom peut être perçu comme un marqueur d’appartenance à un groupe social. Les prénoms traditionnels, souvent hérités de familles avec un capital culturel et économique plus élevé, pourraient indirectement bénéficier d’un effet de halo dans les milieux éducatifs. À l’inverse, les prénoms issus de cultures étrangères ou perçus comme « modernes » peuvent parfois être associés à des stéréotypes moins favorables, sans que cela ne repose sur aucune réalité objective.
Une prochaine étape pourrait consister à comparer ces résultats avec ceux d’autres examens, comme le baccalauréat, pour voir si les mêmes tendances se confirment. Les prochaines sessions du brevet, prévues en juin 2027, offriront l’occasion de vérifier si ces observations persistent ou si elles évoluent avec le temps.
Non. L’étude révèle une corrélation statistique, mais elle ne démontre en aucun cas un lien de causalité. Le Figaro précise que d’autres facteurs, comme le milieu social ou l’accompagnement familial, jouent un rôle bien plus déterminant dans la réussite scolaire.