Selon Euronews FR, au moins sept personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans des frappes russes menées à travers l’Ukraine. Ces attaques surviennent à quelques heures d’un sommet de l’OTAN à Ankara, où le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit s’entretenir avec son homologue américain Donald Trump. Les autorités locales ont fait état de victimes dans plusieurs régions du pays, dont Kyiv, Mykolaïv, Kharkiv et Kherson, confirmant une intensification des violences ces derniers jours.
Ce qu'il faut retenir
- Sept morts recensés dans des frappes russes en une seule nuit, selon les autorités ukrainiennes
- Une personne tuée à Kyiv après une frappe de missile ayant provoqué des incendies dans des entrepôts
- Plus de 50 morts en Ukraine depuis le début du mois, victimes de missiles balistiques et de drones russes
- Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, évoque une rare défaillance des sirènes d’alerte ayant semé la confusion
- Zelensky devrait demander à l’OTAN des munitions supplémentaires pour les systèmes Patriot afin de contrer les missiles russes
- L’Ukraine cible la « flotte fantôme » russe de pétroliers, avec 21 navires endommagés en 72 heures
Des frappes meurtrières ciblant plusieurs régions ukrainiennes
Dans la capitale Kyiv, une frappe de missile a tué une personne et provoqué des incendies dans des entrepôts, selon le maire Vitali Klitschko. Les habitants ont d’abord entendu une forte explosion peu après minuit, avant même que les sirènes d’alerte ne retentissent. Cette défaillance du système d’alerte, rare, a semé la confusion dans la ville. « Une première explosion a retenti avant les sirènes, ce qui a surpris tout le monde », a expliqué un témoin cité par les médias locaux.
Dans la région de Mykolaïv, une mère et sa fille ont perdu la vie lors d’une attaque à l’aide de bombes aériennes guidées, a précisé Vitaliy Kim, chef de l’administration militaire régionale. À Kharkiv, dans le nord-est, deux personnes ont été tuées, tandis que deux autres victimes ont été recensées à Kherson, en première ligne dans le sud. Ces raids s’ajoutent à une semaine de violences marquées par des tirs de missiles balistiques et de drones russes, faisant plus de 50 morts depuis le début du mois.
Kyiv en première ligne, alors que la Russie multiplie les attaques
Les frappes de la nuit dernière s’inscrivent dans une escalade des hostilités. Depuis le début du mois, la Russie a intensifié ses offensives aériennes, utilisant des missiles balistiques et des drones pour frapper des infrastructures civiles et militaires. Les systèmes de défense ukrainiens peinent à intercepter ces projectiles, en raison de leur vitesse et de leur maniabilité. À Ankara, où se tient le sommet de l’OTAN, Volodymyr Zelensky devrait plaider pour un renforcement des livraisons d’armes, notamment de missiles Patriot, fabriqués aux États-Unis.
« Les missiles russes sont ultra-rapides et difficiles à abattre. Sans un approvisionnement suffisant en munitions, notre capacité à nous défendre est gravement compromise », a souligné Zelensky lors d’une conférence de presse préparatoire. Les systèmes Patriot, capables d’intercepter les missiles balistiques, sont devenus un enjeu central des discussions entre Kiev et ses alliés. L’Ukraine compte sur leur déploiement pour limiter l’impact des frappes russes, qui ciblent désormais des zones de plus en plus éloignées du front.
L’Ukraine contre-attaque : la « flotte fantôme » de pétroliers en ligne de mire
Alors que la Russie subit les sanctions occidentales, elle compte sur ses exportations de pétrole pour soutenir son économie. Pour contourner ces restrictions, Moscou utilise une flotte de pétroliers vieillissants, surnommée la « flotte fantôme », qui opère en mer Noire et en mer d’Azov. Ces navires, souvent sans pavillon clair, transportent du pétrole brut vers des destinations asiatiques, générant des revenus estimés à plusieurs centaines de millions de dollars par mois.
Face à cette stratégie, l’Ukraine a intensifié ses attaques contre ces pétroliers. Selon le commandant des forces de drones de Kyiv, 21 navires russes ont été touchés au cours des 72 dernières heures. Ces opérations visent à asphyxier une source de financement essentielle pour Moscou, alors que l’économie russe montre des signes de faiblesse. « Chaque navire endommagé réduit les capacités de la Russie à financer sa guerre », a déclaré un responsable ukrainien sous couvert d’anonymat.
La situation reste donc extrêmement tendue, avec un risque d’escalade dans les semaines à venir. Les prochaines frappes russes, tout comme les contre-attaques ukrainiennes, pourraient redessiner le paysage militaire du conflit. Reste à voir si les engagements pris à Ankara suffiront à inverser la tendance.
Les missiles balistiques russes utilisés lors des frappes récentes, comme les Iskander ou les Kinzhal, sont conçus pour voler à très haute vitesse et à basse altitude, ce qui les rend extrêmement difficiles à détecter et à intercepter pour les systèmes de défense ukrainiens. Les drones, comme les Shahed, volent quant à eux à basse altitude et lentement, mais leur petite taille complique leur détection par les radars classiques. Les systèmes Patriot, bien que performants, nécessitent un approvisionnement constant en missiles intercepteurs, ce qui pose problème à l’Ukraine.