Alors que la Coupe du monde de football 2026 capte l’attention du monde entier, certaines initiatives locales, loin des stades, montrent comment ce sport peut transformer des vies. Selon Le Monde, l’organisation Soccer Without Borders (SWB) déploie son action dans un lycée d’Oakland, en Californie, où elle accueille exclusivement des migrants et des réfugiés. Une approche qui illustre le rôle social du football, bien au-delà de la compétition.
Ce qu'il faut retenir
- L’ONG Soccer Without Borders opère depuis un lycée d’Oakland réservé aux migrants et réfugiés.
- Son objectif : utiliser le football comme levier d’intégration et de réduction du stress.
- Le programme s’adresse à des personnes ayant fui des conflits ou des crises humanitaires.
- L’organisation a été fondée en 2006 et intervient dans plusieurs pays, dont les États-Unis.
- Les activités incluent des entraînements, des ateliers éducatifs et un accompagnement psychosocial.
Un lycée dédié aux nouveaux arrivants
Dans un quartier modeste d’Oakland, le lycée Oakland International High School fait figure d’exception. D’après Le Monde, cet établissement public n’accueille que des élèves migrants ou réfugiés, souvent arrivés aux États-Unis depuis moins de cinq ans. C’est dans ses locaux que Soccer Without Borders a installé son quartier général local. L’organisation, présente dans une dizaine de pays, mise sur le football pour faciliter l’insertion de ces jeunes, souvent traumatisés par leur parcours migratoire.
Le choix de cette ville californienne n’est pas anodin. Oakland, connue pour sa diversité et son histoire de lutte sociale, offre un terreau propice à ce type d’initiative. « Ici, le football n’est pas qu’un sport, c’est un outil pour briser la glace et recréer du lien », explique Mary McVeigh, coordinatrice du programme pour SWB à Oakland. L’organisation collabore étroitement avec l’établissement scolaire, où les cours de sport classiques laissent place à des séances adaptées aux besoins des participants.
Le football comme remède au stress post-migratoire
Pour les réfugiés, l’exil s’accompagne souvent de troubles anxieux ou de symptômes de stress post-traumatique. Selon Le Monde, Soccer Without Borders mise sur des séances régulières pour aider les participants à évacuer ces tensions. Les entraînements, encadrés par des bénévoles et d’anciens joueurs, alternent exercices techniques et moments de discussion informels. « On peut se débarrasser de son stress ici », confie un jeune participant de 17 ans, originaire du Salvador, cité par Le Monde. « Quand je cours, je ne pense plus à rien d’autre. »
L’organisation ne se limite pas au terrain. Elle propose aussi des ateliers sur la gestion des émotions, des cours de langue anglaise ou encore des séances d’orientation professionnelle. « Le football est un prétexte pour aborder d’autres sujets », précise Mary McVeigh. « Ça permet de créer un climat de confiance avant d’aborder des thèmes plus lourds, comme les démarches administratives ou les traumatismes vécus. » Autant dire que l’impact va bien au-delà du sport.
Une méthode éprouvée depuis vingt ans
Fondée en 2006 par Mary McVegh – une ancienne joueuse professionnelle devenue entraîneuse –, Soccer Without Borders a depuis étendu son action à l’Afrique du Sud, au Nicaragua, en Ouganda et aux États-Unis. Comme le rapporte Le Monde, l’ONG a accompagné plus de 10 000 jeunes à travers le monde, avec un taux de réussite élevé en matière d’intégration scolaire et professionnelle. À Oakland, le programme bénéficie du soutien de la mairie et de plusieurs fondations locales, ce qui lui permet de proposer ses activités gratuitement.
Les résultats, bien que difficiles à quantifier précisément, sont tangibles. D’après les retours des enseignants et des familles, les participants montrent une amélioration notable de leur bien-être psychologique et de leur assiduité scolaire. « Avant, certains élèves refusaient même de parler en classe. Aujourd’hui, ils prennent la parole, ils osent poser des questions », témoigne une professeure de l’Oakland International High School. Un exemple qui illustre le pouvoir transformateur du sport, quand il est utilisé à bon escient.
L’initiative d’Oakland rappelle que le football peut être bien plus qu’un spectacle : un vecteur de cohésion sociale et de résilience. Alors que la Coupe du monde bat son plein ailleurs, des milliers de jeunes à travers le monde continuent de trouver dans ce sport une raison d’espérer.
L’organisation s’appuie sur des dons privés, des subventions publiques locales et des partenariats avec des entreprises. À Oakland, elle collabore notamment avec la mairie et plusieurs fondations, ce qui lui permet de proposer ses activités gratuitement aux participants. Selon Le Monde, ces financements couvrent 80 % de son budget opérationnel.