Selon Le Monde - Education, les services de la médiatrice de l’Éducation nationale ont enregistré plus de 28 000 saisines en 2025, un chiffre en hausse de 22 % par rapport à 2024 et de 60 % comparé à 2020. Ces données, révélées dans un rapport annuel, soulignent une dégradation du climat au sein du système éducatif, perçu comme un facteur aggravant le mal-être des usagers comme des agents.

Ce qu'il faut retenir

  • Les saisines de la médiatrice ont bondi de 22 % entre 2024 et 2025, et de 60 % depuis 2020.
  • La médiatrice met en garde contre un fonctionnement du système éducatif qui « provoque ou aggrave le mal-être des usagers ou des agents ».
  • Ces saisines reflètent des tensions croissantes dans les relations entre l’institution scolaire et ses acteurs.

Un phénomène en constante aggravation

Le rapport de la médiatrice, publié cette semaine, dresse un constat sans appel : le nombre de recours a atteint un niveau inédit, reflétant une année 2025 marquée par une escalade des tensions dans le milieu éducatif. 28 000 dossiers ont été traités, un volume qui dépasse largement les années précédentes, signe d’un essoufflement progressif des mécanismes internes de régulation. Autant dire que la situation n’a cessé de se dégrader depuis le début de la décennie.

Parmi les motifs les plus fréquents figurent les litiges liés aux affectations, aux conditions de travail des enseignants ou encore aux dysfonctionnements administratifs. Les familles comme les personnels dénoncent régulièrement un manque de réactivité des services, alimentant un sentiment d’abandon. La médiatrice, dont le rôle est justement de désamorcer ces conflits, se trouve ainsi submergée par l’ampleur des demandes.

Le mal-être au cœur des préoccupations

Dans son communiqué, la médiatrice souligne que le système éducatif, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, « provoque ou aggrave le mal-être des usagers ou des agents ». Une formulation forte, qui pointe du doigt des dysfonctionnements structurels plutôt que des cas isolés. Les retards dans le traitement des dossiers, les décisions contestées ou encore l’opacité des procédures sont autant de facteurs qui alimentent cette crise de confiance.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2020 et 2025, le volume des saisines a presque doublé, passant de 17 500 à 28 000. Cette progression s’accompagne d’une diversification des profils des plaignants. Si les enseignants représentaient traditionnellement une part importante des recours, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes s’adressent désormais plus fréquemment à la médiatrice. Bref, plus personne ne semble épargné par cette dégradation générale.

Des pistes pour inverser la tendance

Face à ce constat, la médiatrice appelle à une réflexion profonde sur l’organisation du système éducatif. Dans son rapport, elle formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’amélioration des circuits de recours, une meilleure formation des personnels en charge des affectations ou encore un renforcement des moyens alloués à son service. « Il ne suffit pas de traiter les symptômes, il faut s’attaquer aux causes », a-t-elle déclaré à Le Monde - Education.

Côté gouvernement, aucune réaction officielle n’a encore été publiée. Pourtant, le ministère de l’Éducation nationale, qui finance en partie les services de la médiatrice, devrait être directement concerné par ces propositions. La question reste entière : ces mesures suffiront-elles à inverser la tendance, ou faut-il envisager des réformes plus ambitieuses ?

Et maintenant ?

Une réunion plénière avec les représentants des académies et des syndicats est prévue pour le 15 septembre 2026. Elle pourrait servir de cadre à un premier échange sur les pistes évoquées par la médiatrice. Parallèlement, le ministère devrait publier d’ici la fin de l’année un bilan intermédiaire de la mise en œuvre de ses engagements en matière de qualité de vie au travail. Reste à voir si ces initiatives parviendront à endiguer la hausse des saisines.

Le rapport complet de la médiatrice sera rendu public le 12 juillet 2026 et devrait être soumis à l’examen de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Dans l’immédiat, les acteurs du système éducatif attendent des actes concrets, au-delà des déclarations d’intention.

Selon le rapport, les litiges liés aux affectations, aux conditions de travail des enseignants et aux dysfonctionnements administratifs arrivent en tête des motifs de saisine. Les retards dans le traitement des dossiers et l’opacité des procédures sont également souvent dénoncés.