Le plafond d’émission du Bitcoin, fixé à 21 millions d’unités, est désormais remis en question par une figure majeure de l’écosystème crypto. Eli Ben-Sasson, fondateur et PDG de StarkWare, a proposé ce 8 juillet 2026 d’instaurer un taux d’émission annuel de 4 %, jugant le modèle actuel « obsolète ». Selon Cryptoast, cette déclaration, formulée sur le réseau X, s’inscrit dans une volonté de repenser la politique monétaire du Bitcoin pour garantir une circulation durable de la cryptomonnaie.
Ce qu’il faut retenir
- Eli Ben-Sasson, PDG de StarkWare, propose d’abandonner le plafond des 21 millions de Bitcoin au profit d’un taux d’émission annuel de 4 %.
- Cette suggestion s’appuie sur l’argument selon lequel toutes les clés privées seront inévitablement perdues sur un horizon de temps infini, réduisant mécaniquement l’offre disponible.
- Le modèle actuel, souvent comparé à l’or numérique, est perçu par Ben-Sasson comme un frein à la rémunération des mineurs une fois le plafond atteint.
- Cette proposition s’oppose directement à la vision maximaliste, défendue notamment par Michael Saylor, qui prône une offre fixe pour préserver la rareté du Bitcoin.
- Un taux de 4 % permettrait selon lui de maintenir une « politique monétaire claire » tout en assurant une liquidité suffisante pour les acteurs du réseau.
Un modèle contesté, entre rareté et utilité
Depuis son lancement en 2009, le Bitcoin s’est construit autour de deux piliers : son offre limitée à 21 millions d’unités et sa décentralisation. Ces caractéristiques en ont fait une réserve de valeur pour ses partisans, comparant souvent le BTC à l’or numérique. Pourtant, cette rigidité est aujourd’hui questionnée par certains acteurs de l’écosystème, comme Eli Ben-Sasson. Pour lui, selon Cryptoast, « limiter l’offre du Bitcoin n’a plus aucun sens ». Son argument repose sur un constat simple : avec le temps, une partie croissante des bitcoins sera définitivement inaccessible en raison de la perte des clés privées. Sur un horizon infini, ce phénomène réduira mécaniquement l’offre disponible, rendant caduque la notion même de plafond fixe.
Cette remise en cause s’inscrit dans un débat plus large au sein de la communauté crypto. D’un côté, les maximalistes, comme Michael Saylor, défendent une offre strictement limitée pour préserver la rareté et la valeur du Bitcoin. De l’autre, des acteurs comme Ben-Sasson estiment que cette approche pourrait nuire à la viabilité du réseau à long terme, notamment pour la rémunération des mineurs. Une fois que le plafond sera atteint, les mineurs ne seront plus récompensés par l’émission de nouveaux bitcoins, mais uniquement par les frais de transaction. Or, si l’adoption du Bitcoin comme moyen de paiement se généralise, ces frais pourraient devenir insuffisants pour assurer la sécurité du réseau.
Un taux d’émission de 4 % pour équilibrer rareté et liquidité
Pour répondre à ce défi, Eli Ben-Sasson propose un compromis : un taux d’émission annuel de 4 %, jugé « raisonnable » pour accompagner la croissance démographique tout en maintenant une offre suffisante. Selon lui, ce seuil garantirait « qu’il y aura toujours suffisamment de bitcoins en circulation ». Cette solution permettrait, d’après ses déclarations, de concilier deux objectifs : préserver la rareté du Bitcoin – sans pour autant la rendre absolue – et assurer une rémunération viable aux mineurs.
« Il suffirait de fixer un taux maximal d’émission. Un choix judicieux serait de 4 % par an, ce qui constitue une limite supérieure raisonnable à la croissance de la population humaine. De cette façon, on s’assure qu’il y aura toujours suffisamment de bitcoins en circulation. »
— Eli Ben-Sasson, PDG de StarkWare
Cette proposition s’inscrit dans une vision plus pragmatique du Bitcoin, où son rôle de monnaie d’échange primerait sur sa fonction de réserve de valeur. Pour Ben-Sasson, le Bitcoin devrait avant tout servir de moyen de paiement efficace, plutôt que de rester un actif spéculatif et rare. Une position qui contraste avec celle des maximalistes, pour qui la rareté est un gage de valeur et de stabilité.
Les maximalistes et la finance traditionnelle en opposition
Cette idée d’un Bitcoin à offre flexible n’est pas nouvelle, mais elle reste marginalisée au sein de la communauté crypto. Le plafond des 21 millions est souvent présenté comme un argument clé pour les investisseurs institutionnels, séduits par l’idée d’une ressource finie, à l’image de l’or. Michael Saylor, fondateur de Strategy, a d’ailleurs récemment réaffirmé cette vision, insistant sur la nécessité de conserver le Bitcoin comme un « capital numérique » dont l’offre doit rester rigide. Selon Cryptoast, son approche s’inscrit dans la droite ligne des maximalistes, pour qui toute modification du protocole remettrait en cause les fondements mêmes de la cryptomonnaie.
Le débat dépasse le simple cadre technique pour toucher à des enjeux économiques et philosophiques. D’un côté, une vision conservatrice, où le Bitcoin doit rester un actif rare et désirable, comme l’or. De l’autre, une approche plus dynamique, où son utilité comme monnaie d’échange prime. Entre ces deux extrêmes, les propositions comme celle de Ben-Sasson pourraient trouver un écho croissant, notamment si les défis liés à la rémunération des mineurs s’intensifient.
Reste à voir si la communauté crypto sera prête à accepter une telle réforme, ou si elle préférera conserver le statu quo. Une chose est sûre : le débat sur l’avenir du Bitcoin est loin d’être clos.
Le PDG de StarkWare, Eli Ben-Sasson, argue que la perte inévitable des clés privées sur le très long terme réduira mécaniquement l’offre disponible, rendant le plafond actuel obsolète. Il propose donc un taux d’émission annuel de 4 % pour maintenir une offre suffisante.
Un taux d’émission fixe pourrait réduire la rareté du Bitcoin, un argument clé pour ses défenseurs. De plus, cela pourrait affaiblir son statut de réserve de valeur, si le Bitcoin est perçu comme une monnaie inflationniste plutôt que comme un actif rare.