Selon BFM Bourse, le marché parisien a enregistré mardi une baisse de 0,51 %, ramenant l’indice CAC 40 à 8 436 points. Cette contre-performance intervient après une journée de correction marquée par le repli des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle, notamment STMicro (-8 %) et Soitec (-17 %).
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 a perdu 0,51 % mardi, clôturant à 8 436 points.
- STMicro et Soitec, deux acteurs majeurs des semi-conducteurs, ont chuté respectivement de 8 % et 17 %.
- La publication des résultats de Samsung, dont le bénéfice opérationnel a été multiplié par 19, n’a pas suffi à rassurer les investisseurs.
- Plus de 95 % des profits trimestriels de Samsung proviendraient désormais de la mémoire liée à l’IA, un secteur jugé risqué en cas de ralentissement des investissements.
- D’autres valeurs exposées à l’IA, comme Schneider (-3,72 %) ou Rexel (-3,21 %), ont également reculé.
- Le marché reste sous tension après la fermeture du détroit d’Ormuz en mars, un choc géopolitique qui avait marqué les esprits.
Des résultats exceptionnels, mais des anticipations jugées trop optimistes
Les investisseurs n’ont pas ménagé les géants des semi-conducteurs français, STMicro et Soitec, après la publication des résultats du sud-coréen Samsung. Si le fondeur a affiché un bénéfice opérationnel multiplié par 19, les marchés n’ont pas été convaincus par la trajectoire future des revenus. « C’est tout le problème d’un marché valorisé à la perfection », a souligné Stephen Innes, stratégiste chez Spi AM, dans une note relayée par BFM Bourse. Il ajoute : « De bons résultats ne suffisent plus. Les investisseurs ne jugent plus le trimestre écoulé, ils évaluent la capacité des prochains trimestres à dépasser une trajectoire de bénéfices qui a déjà été propulsée presque à la verticale. »
Selon lui, la question n’est plus de savoir si la demande est forte, mais si elle peut continuer à croître au rythme intégré dans les anticipations. Une exigence qui pèse sur les valeurs technologiques, particulièrement exposées à l’IA, un secteur où les dépenses d’infrastructure restent massives et les retours économiques encore incertains.
L’IA au cœur des inquiétudes : entre bulle et dépendance
Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro, met en garde contre la dépendance croissante de Samsung à la mémoire liée à l’IA. « Plus de 95 % de ses profits trimestriels proviendraient de cette activité », précise-t-il. Un risque majeur émerge si les hyperscalers — Microsoft, Alphabet, Amazon ou Meta — venaient à ralentir leurs investissements dans les data centers. La demande de puces pourrait alors se normaliser rapidement, alimentant les craintes d’une possible bulle autour de l’IA.
Cette inquiétude n’est pas nouvelle. Il y a deux semaines déjà, les marchés avaient été refroidis par la chute de l’indice KOSPI, principal baromètre de la Bourse de Séoul. Ce repli avait ravivé les doutes sur les sommes colossales investies dans l’IA, alors que les perspectives de rendement à court terme restent floues. Bref, le secteur affiche une santé apparente, mais les fondamentaux peinent à suivre.
Un marché parisien sous influence géopolitique
Le CAC 40 a comblé en séance lundi le reliquat du « gap » baissier du 2 mars, un jour marqué par la fermeture du détroit d’Ormuz au début de la guerre américano-iranienne. Ce rattrapage technique a permis à l’indice de revenir à 8 436 points, mais il s’agit d’un simple « reset » après le choc provoqué par cette crise géopolitique. Sébastien Grasset, Directeur Général d’Auris Gestion, a pris de la hauteur pour analyser cette situation : « Ces récentes perturbations de l’ère post-Covid-19 mettent en lumière la nécessité de la sécurisation des ressources et des chaînes d’approvisionnement stratégiques. »
Il souligne que la compétition se déplace désormais vers les voies maritimes, les détroits et canaux stratégiques — par lesquels transite 80 % du volume des marchandises échangées dans le monde — ainsi que vers l’espace, devenu indispensable pour les communications, la défense et l’observation. Un contexte qui ajoute une couche de complexité à un marché déjà sous tension.
Les autres valeurs technologiques dans le viseur
Au-delà des semi-conducteurs, d’autres entreprises « estampillées IA » ont subi de lourdes pertes. Schneider Electric et Rexel, deux valeurs exposées à la transition énergétique et numérique, ont respectivement reculé de 3,72 % et 3,21 %. Ces replis s’inscrivent dans un mouvement plus large de correction du secteur technologique, où les investisseurs semblent moins enclins à prendre des risques.
Parallèlement, d’autres classes d’actifs à risque affichaient des signaux contrastés ce mercredi matin. La monnaie unique se traitait autour de 1,1425 dollar, le baril de WTI s’échangeait à 69,12 dollars, les Treasuries à 10 ans affichaient un rendement de 4,47 %, et le VIX, indicateur de la volatilité sur le S&P 500, s’établissait à 15,80 à la clôture précédente.
Sur le plan technique, le CAC 40 reste dans une zone de neutralité à court terme. Un franchissement des 8 645 points pourrait relancer la tension à l’achat, tandis qu’une rupture des 8 281 points ferait peser un risque accru de pression vendeuse. Autant dire que la prudence reste de mise dans un contexte où les anticipations ont souvent dépassé la réalité.
La volatilité s’explique par des valorisations élevées, des investissements massifs et des perspectives de rendement à court terme encore incertaines. Les marchés doutent désormais de la capacité des entreprises à maintenir une croissance exponentielle des revenus, surtout après des années d’anticipations optimistes.