L’entreprise américaine TeraWulf, spécialisée dans les infrastructures de calcul, a vu son action s’envoler en Bourse le 6 juillet après la signature d’un contrat historique de 19 milliards de dollars avec le géant de l’intelligence artificielle Anthropic. Selon Cryptoast, cet accord porte sur la location de 401 mégawatts de capacité de calcul pour une durée de 20 ans, un projet situé dans le Kentucky.

Ce qu'il faut retenir

  • Un contrat de 19 milliards de dollars sur 20 ans avec Anthropic, pour 401 mégawatts de capacité de calcul au Kentucky
  • Première phase opérationnelle prévue au second semestre 2027, montée en puissance complète en 2028
  • TeraWulf cède sa participation de 50,1 % dans un centre de données texan de 168 mégawatts pour 530 millions de dollars, réalisant une plus-value de 80 millions
  • L’action a progressé de 19 % en une journée, dopant également les valeurs voisines du secteur
  • Jusqu’à 70 % des mineurs de Bitcoin cotés auraient déjà signé des contrats similaires pour l’IA, pour un total dépassant 70 milliards de dollars

Un virage stratégique pour TeraWulf, ancien mineur de Bitcoin

Fondée comme une entreprise de minage de Bitcoin, TeraWulf a dû revoir son modèle économique après le dernier halving, survenu en 2025, qui a divisé par deux les récompenses des mineurs. Cette réduction des marges a accéléré la diversification de l’entreprise vers le secteur de l’intelligence artificielle. Plutôt que de dépendre des fluctuations du cours du Bitcoin, TeraWulf mise désormais sur des revenus plus stables grâce à la location de ses infrastructures de calcul à des acteurs majeurs de l’IA.

L’accord avec Anthropic illustre cette transition. Le contrat, adossé à une solide notation de crédit, permettra à TeraWulf de générer des revenus équivalant à 1,5 fois sa capitalisation boursière actuelle, estimée à 12 milliards de dollars. Ce montant dépasse largement les 700 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel que l’entreprise affichait encore en 2024 dans le minage.

Cession d’actifs et recentrage sur l’IA

Parallèlement à ce contrat phare, TeraWulf a annoncé la vente de sa participation de 50,1 % dans l’Abernathy Joint Venture, un centre de données dédié à l’IA de 168 mégawatts situé au Texas. Ce projet, lancé en 2025 en partenariat avec Fluidstack, a été cédé pour 530 millions de dollars. Cette opération permet à TeraWulf de récupérer son investissement initial de 450 millions, tout en enregistrant une plus-value de 80 millions.

Cette vente s’inscrit dans une logique de recentrage sur les actifs les plus stratégiques. TeraWulf concentre désormais ses ressources sur le campus du Kentucky, conçu spécifiquement pour répondre à la demande croissante en calcul pour l’IA. L’entreprise mise sur une demande soutenue, alimentée par le développement des modèles d’apprentissage automatique et l’essor des data centers dédiés.

Un secteur minier en pleine mutation

TeraWulf n’est pas un cas isolé. Selon les données compilées par CoinShares et rapportées par Cryptoast, 70 % des mineurs de Bitcoin cotés en Bourse auraient déjà signé des contrats de fourniture de capacité de calcul pour l’IA. Ces engagements représentent un volume total de plus de 70 milliards de dollars, un chiffre qui témoigne de la rapidité avec laquelle le secteur se reconvertit.

Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la baisse des marges dans le minage de cryptomonnaies, aggravée par les halving successifs, rend les infrastructures existantes moins rentables. Ensuite, la demande en puissance de calcul pour l’IA explose, portée par des acteurs comme Anthropic, Microsoft ou Nvidia. Enfin, les infrastructures énergétiques des anciens sites de minage, souvent situés dans des régions à faible coût électrique, sont particulièrement adaptées à ces nouveaux usages.

« Le modèle économique de l’IA offre une visibilité et une stabilité que le minage de Bitcoin ne peut plus garantir aujourd’hui. »

Marine Debelloir, journaliste chez Cryptoast

Réactions en Bourse et perspectives pour le secteur

La nouvelle a immédiatement été saluée par les investisseurs. L’action de TeraWulf a bondi de 19 % le 6 juillet, un mouvement qui a également profité à d’autres valeurs du secteur, comme Hut 8 et Cipher Mining. Cette hausse reflète la confiance des marchés dans la capacité des anciens mineurs à se reconvertir avec succès vers l’IA.

Pour TeraWulf, la première phase du projet avec Anthropic doit entrer en service au second semestre 2027, avec une montée en puissance complète prévue pour début 2028. Ce calendrier permettra à l’entreprise de commencer à générer des revenus significatifs à partir de 2028, une échéance qui coïncide avec l’accélération prévue de la demande en calcul pour l’IA.

Et maintenant ?

Si ce contrat marque une étape majeure pour TeraWulf, il reste à voir si d’autres acteurs du secteur parviendront à reproduire ce succès. La reconversion des infrastructures minières vers l’IA dépendra de plusieurs facteurs : la stabilité des prix de l’électricité, la capacité à attirer des clients solvables comme Anthropic, et la gestion des coûts de transition. Pour TeraWulf, l’enjeu sera également de maintenir sa crédibilité auprès des investisseurs, alors que son action reste volatile malgré cette hausse récente.

Plus largement, ce virage illustre une recomposition en cours dans l’écosystème technologique. Les anciens sites de minage, souvent critiqués pour leur empreinte énergétique, pourraient trouver une seconde vie en devenant les piliers de l’infrastructure numérique du futur. Reste à savoir si cette transition suffira à compenser la baisse des revenus du minage, alors que la course à l’IA s’intensifie.

La baisse des marges dans le minage, aggravée par les halving successifs, a réduit la rentabilité des infrastructures dédiées. L’IA, en revanche, offre des revenus plus stables grâce à des contrats de location de capacité de calcul à long terme, avec des clients solvables comme Anthropic ou Microsoft.

Le contrat de 19 milliards de dollars génère des revenus équivalant à 1,5 fois la capitalisation boursière actuelle de TeraWulf (12 milliards). Cela reflète la confiance des marchés dans la capacité de l’entreprise à se reconvertir avec succès vers l’IA, malgré une volatilité historique de son action.